Friday, 17 October 2008
CHRONIQUE
Promenade dans le pays des chamans
En voyant les pièces exposées quai Branly, et en les comparant à celles disponibles dans le marché la question de la composition de la deuxième fondation se pose à nouveau : faut-il écarter des oeuvres minuscules sous prétexte de la pauvreté du lieu accentuépar la modestie des pièces, ou au contraire en montrer des spécimens habilement choisis selon un parcours pédagogique, comme la présentation des monnaies de différentes époques peut être révélatrice d'une tendance générale?
Voici quelques échantillons prélevés du catalogue de l'exposition et de la galerie Flak.
Ci-contre le catalogue de l'exposition sur le Grand Nord au quai Branly.
Confus, pédant et sans répertoire,index, ou tableau de correspondances. La carte est fragmentaire et montre côté Alaska Ekven, le point Hope, l'île Saint Laurent, et Bethel, côté Canada, l'île de Baffin et le Cape Dorset, très largement représenté. Le catalogue privilégie les petite pièces, et l'emporte par la présence de pièces datant de 2000 ans AC.
Ci-contre le catalogue de l'exposition de la Galerie Flak dédiée au chamanisme, et principalement au Grand Nord.
Ce sont les grandes pièces qui dominent ici, les petites pièces étant relativement récentes.
Ni les cartes, ni les nomsne présentent de points commun avec le catalogue précédent.
Là encore aucun répertoire et une carte fragmentaire du Canada avec les sites de Tlingit-Yakutat, Chilcat au nord, Haida, Tsimshian, Bella Coola au milieu, Kwakiuts- Nootka au sud. La côte Nord-Ouest est donc le sujet de ce livre. Une des raisons est l'intérêt des intellectuel (André Breton, Max Ernst, Levi-Strauss, Robert Lebel,motive cette focalisation.. L'Alaska est également à l'honneur. Les noms n'interfèrent pas, comme "Thule" absent de l'expo (si ce n'est passagèrement ) du quai Branly.
Ci-contre, Tête Okvik, mer de Bering I. p.84.
Alaska.200 AC.H.20,5 cm. Le style le plus simple et le plus ancien. Utilisation mystérieuse: bois flotté. Sous-catégorie A,la plus ancienne et la plus simple. Cf. WARDELL ALLEN 1996, Tangible visions... The Monacelli Press New York.
Catalogue de la Galerie Flak. p.84
Ci-dessous. Old Bering Sea. Tête classique 250 BC, Ivoire. 6,3 x 3,3 x 3 cm. Catalogue Branly, p.97 prov.New York, Rock Foundation. Classé dans "Old Bering Sea" (Ipiutak et Ekven) Ile St. Laurent. appelée Okvik.
La culture Thule (1000-1600) est passagèrement citée.
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Catalogue de l'exposition Les Arctiques. p.96, fig.12.
La culture Old Bering I, la plus ancienne, a donné naissance à la culture de Thulé. '1600 BC).
Thursday, 16 October 2008
CHRONIQUE
Une visite quai Branly
Une remise en cause de la deuxième fondation
Deux belles expositions se tiennent au Musée des Arts Premiers. La première donne à voir les oeuvres esquimeau chères à Flack et qui constituerait peut-être un département de la première fondation à Uccle. Présentant une multitude de statuettes de 2 cm à 10 cm, elle tomberait aussi dans le plan d'acquisition de la seconde fondation dédiée au minuscule. Mais j'ai été impressionné par les pièces, venues du monde entier. Quelques pièces majeures admirablement présentées dans des niches de telle sorte qu'elles paraissent suspendues dans la lumière blanche. Puis des centaines de vitrines montrent des milliers de petites pièces qui pullulent comme des moustiques. Les spectateurs circulent parmi les boites vitrées, un peu ahuris.
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La seconde exposition présente l'esprit Mingei au Japon. Soetzu Yanagi, l,e héros de l'expo. ressemble à Jean Grolier dans la mesure où il n'a rien créé lui-même, mais il a découvert des artisans admirables, sélectionnés dans les provinces les plus reculées, afin de constituer un musée des arts populaires, selon les lignes de forces qu'il a définies dès 1920 : privilégier la beauté toute simple et naïve des objets ordinaires sur un fond de pensée bouddhiste. A l'instar sans doute de Jean Grolier, il est convaincu qu' "un bon collectionneur est un second créateur" et il est entouré par un cercle d'artisans, d'artistes et d'intellectuels. L'exposition, qui plonge dans le passé se prolonge par des créateurs contemporains pour qui le désign est la forme moderne de l'esprit Mingei.
J'avoue qu'autant j'ai été impressionné par les poteries pleines d'esprit du passé, autant le désign et les meubles modernes me semblent tout à fait dénués d'intérêt. On a trop vu de ces formes froides, faussement imaginatives, d'une sobriété calculée pour l'effet, et affreusement inconfortables. Il y manque particulièrement la simplicité, l'authenticité, et ce sens de la matière tactile et rugueuse qui caractérise la main de l'artisan. Elles sont certes bien accordées au monde des gratte ciels, et à la dépersonnalisation occidentale. Mais cela me semble déjà terriblement démodées, comme les meubles de Jacques Tati dans les vacances de monsieur Hulot.
Nouvel émerveillement devant la magnifique collection d'art premier du musée. On est confondus par tant de richesses. Ma soeur et moi nous nous sommes interéssés à la Nouvelle Calédonie et les Iles Salomon (qui ont servi d'inspiration à Nolde, exposé non loin de là, au Grand Palais). On nous proposait pour la grande fondation une impressionnante série de 25 boucliers et pièces issus de la même provenance. Elle tenait le coup avec les pièces du musée, mais à condition de ne constituer qu'une vitrine parmi tant d'autres.
Ci-dessous vous découvrirez deux chambranles de porte caractéristiques du style de la collection B*** de vingt-cinq boucliers.
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Wednesday, 15 October 2008
CHRONIQUE
Une journée bien remplie
Après l'effort de formalisation du billet précédent qui m'a épuisé par sa concision et par son sujet propre à nous plonger dans la dépression, j'ai envie de partager avec vous des moments de pure joie.
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Ci-dessus à l'entracte du concert Prokofiev salle Pleyel : Valery Gergiev, Henri Dutilleux, Bruno Lussato.
Je devais diner avec un de mes anciens élèves, qui est devenu quelqu'un dans l'ex-yougoslavie, et doté d'un sens de l'humain et d'une élévation spirituelle hors du commun, quand j'ai reçu un coup de téléphone pressant de la part du plus grand de nos chefs d'orchestre, Valery Gergiev, directeur du célèbre London Symphony Orchestra, et ardent propagateur du Marinsky, l'illustre opéra de Saint Petersbourg. Il donnait salle Pleyel deux concerts Prokofiev. J'avais décliné pour cause de santé le premier, mais il tenait absolument à m'avoir au second car le grand compositeur Henri Dutilleux avat tenu à lui rendre visite. Le tandem Gergiev - Dutilleux se révéla un succès étonnant, et le maestro russe exécuta de nombreuses oeuvres du compositeur. français. Or il se trouve que j'ai eu l'honneur d'emmener le compositeur à l'hôtel de Gergiev, rue St. Louis en l'île. Je croyais à l'entente des deux grands hommes. Mon intuition se révéla exacte et c'est aussi pour la commemorer que je fus invité au concert Salle Pleyel.
La composition du programme mérite quelques commentaires. On donna dans l'ordre la deuxième symphonie, le concerto de violon, et après l'entre-acte, la Septième Symphonie.
La Deuxième Symphonie op.40, 1925 en ré mineur op.19 aux puissantes dissonances fut composée au moment où Nolde revenait des Iles Salomon. Même sens de la couleur, même rugosité,
Gergiev l'exécuta avec un sens du rythme, et une puissance meurtrière terrifiants. J'eus beaucoup de mal à d'y déceler quelques lambeaux de mélodies qui m'eussent donné l'envie de la réentendre. Je jetai un regard en coin inquiet à mon ami qui n'avait jamais assisté à un concert et que j'avais emmené avec moi à tout hasard. Je craignais qu'il ne soit agacé par ce pandémonium. Loin de là Il était sidéré, transporté, comme galvanisé par tout : la puissance, le rythme implacable de la gestuelle de Gergiev, le son de l'orchestre. Il venait de découvrir la musique classique in vivo, non congelée dans le numérique ni réduite en bouillie par le téléchargement. L'ambiance solennelle de la salle, le maintien recueilli de l'assistance, l'interdiction d'émettre le moindre son, la moindre toux, l'habit de cérémonie des musiciens interprétés comme un signe de respect envers l'oeuvre et le public, il n'avait pas imaginé que tout cela puisse exister.
La structure de la symphonie est d'une rigueur et d'une puissance presque Beethoveniennes: même plan en deux parties la dernière étant un thème et variations rappelant l'Op. 109.
Concerto pour violon N°1 en ré majeur op.19, 1919, première à Paris en 1923.
La facture romantique et trop simple fut sévèrement jugée par les personnalités présentes : Picasso, Pavlova, Arthur Rubinstein etc...Cette oeuvre met en lumière le sens mélodique et le penchant au classicisme de Prokofiev. Il aimait les pièces claires, sans trop d'innovation et destinées à durer. On se doute que le grand public d'aujourd'hui, peu accoutumé à affronter les innovations de Schönberg à John Cage, était ravi qu'on se mettre à son niveau. Il en alla ainsi hier dans la salle.
Symphonie N°7 en do dièse mineur op. 131, 1951 - 1952
C'est la dernière oeuvre d'un homme affaibli physiquement et moralement.Comme tous ceux qui ont eu la malchance de vivre sous l'oppression jadnovienne, il doit comme Chostakovitch se plier à l'esthétique socialiste et publier une humiliante autocritique. Le goût de Jnadov pourrait certainement convenir à ceux qui trouvent la musique classique est trop intellectuelle et réservée à une élite de snobs.Ces gens-là n'ont évidemment jamais essayé de travailler sérieusement une grande oeuvre. L'Art est divertissement populaire et non masturbation intellectuelle!
Prokofiev est classé artiste dégénéré (comme l'avant-garde sous Staline et Hitler) et subit harcelements et sévices. Le 20 février 1948 Lisa son ex-femme est condamnée à vingt ans de déportation pour espionnage !
Le compositeur essaie de rentrer dans les bonnes graces du pouvoir communiste et compose une symphonie correspondant aux critères communistes. Ils correspondent il faut le reconnaître au goût de la plupart des ignorants recherchant le joli et l'agréable. Plus de contrepoint, plus de dissonances (au propre comme au figuré) . Mais on obligea Prokofiev à recommencer le dernier mouvement pour luii imprimer un caractère plus brillant que la fin inhabituelle jugée trop discrète. C'est cette fin imposée que Valery Gergiev a donné en bis. Notons que des rangées de fauteuils vides étonnaient dans une salle jusque là archicomble. C'est le public éduqué et peu curieux qui boudait la musique trop facile.
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Sunday, 12 October 2008
CHRONIQUE
Le point sur la crise
La thèse systémique:
la triade monnaie-actions-liquidité
J'ai déjà exposé dans des billets passés les deux scénarios : récession dramatique, catastrophe planétaire.
Au fur et à mesure que se rapproche l'issue fatale prévue, le temps se rétrécit, l'espace se ferme, le mur des certitudes s'écroule par pans entiers.Mes clients s'écrient :" bon, vous aviez raison je vous l'accorde, et vous n'avez pas pris le temps de me convaincre.A présent on vous écoute : comment sortir de la fondrière.?
Je crois qu'à ce stade il vaut mieux brûler les étapes et clarifier la problématique de la crise dont l'idée de deuxième fondation permet de concrétiser certaines mesures immédiates au niveau des états et des particuliers, deux extrémités du cordon fatal, celui qui relie le signifiant au signifié, le mot à la chose, la convention au réel.
Il me faut brievement rappeler les notions et concepts déjà détaillés et sans lesquels on ne saurait ni décrire ni affronter la situation exceptionnelle qui est la notre.
LE DEFERLEMENT
Sous ce chapeau on range les notions qui précisément définissent l'exceptionnel.
Pierre Lecomte du Noüy avait émis une idée frappante
Chaque infini engendre ses propriétés particulières. Ces dernières, en totale discordance avec notrre expérience quotidienne, émergent d'un coup lorsqu'on franchit le seuil mystérieux qui nous fait passer de notre échelle humaine à un infini.
L'infiniment petit engendre la physique quantique. Le poisson devient soluble, la non-séparabilité cause l'ubicuité : un objet est simultanément ici et à l'autre bout de la galaxie, un chat est à la fois vivant et mort... aujourd'hui ce seuil est proche, car la miniaturisation extrême des composants électroniques provoque des réactions quantiques. Les ordinateurs seront affectés de troubles étranges, de comportements imprévisibles.
L'infiniment grand engendre la relativité. Lorsqu'un an s'écoule pour un voyageur, une minute s'écoule pour un autre. Avec la vitesse dans les grands espaces, l'espace devient temps, le temps se transforme en espace ("zum Raum wird hier die Zeit," ici le temps devient espace Parsifal I, Richard Wagner). Les appareils GPS doivent corriger les effets relativistes.
L'infiniment complexe engendre la pensée. Effectivement, la conscience réflexive semble émerger de l'accroissement de la pensée du cerveau. Rappelons que la complexité est le produit de l'universum A, nombre d'éléments constituant un système et de la caractéristique R, nombre de relations intégrant ces éléments. (Klìr et Valach). Non seulement on voit la conscience passer d'un stade primaire (le bébé) à un stade évolué (le philosophe) avec l'accroissement du poids du cerveau, mais on constate même dans les robots un semblant d'autonomie quasi psychique (Culbertson : The Mind of Robots). Le perceptron de Rosenblatt, est un robot très complexe, dont les composants électro-chimique, communiquent de façon aléatoire, fait preuve d'autonomie par rapport à l'expérimentater, et engendre la notion de gauche et de droite, sans qu'on la lui programme. Toute une école dominante de pensée a sauté sur l'occasion, afin d'alimenter son anticléricalisme. Ainsi, l'âme n'existe pas, et Dieu est un produit de nos hormones ! Joël de Rosnay dans L'homme symbiotique se fait le propagateur grand public de cette vision réductionniste de l'homme, partagée par J.P. Changeux (L'homme neuronal), Robert Wright (L'animal moral), Nicholas Negroponte (L'homme numérique).
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Ces notions, de prime abord sont innocentes,mais serinées à longueur de journée elle préparent l'acceptation d'un climat propice à l'irruption dela crise que nous commençons à entrevoir. Les étudiants, puis les élites et les populations cultivées, adhèrent au principe que l'homme n'a pas de valeur intrinsèque, insubstituable puisqu'on peut précisément le remplacer, l'interchanger, avec un équivalent électronique. Ils pensent d'ailleurs que la compétitivité passe par l'automatisation du tertiaire, l'homme se voyant affecter des tâches nobles.Mais lesquelles si la programmation et la créativité peuvent être simulées elles aussi par des automatismes?
Il y a pire : Gaïa. James Lovelock considéré comme un immense visionnaire (il a inspiré le dernier volume de Fondations d'Isaac Asimov, le chef d'oeuvre de la science-fiction) a imaginé la terre comme un être vivant dont les humains ne sont que des composants à la manière des neurones, composants du corps humain. Joël de Rosnay a appelé Cybionte ce monstre planétaire contrôlant aussi bien animaux, végétaux, climats et humbles individus. Il avoue que l'homme doit renoncer à une partie de son autonomie, de sa volonté, pour la déléguer à un être infiniment sage, le grand tout collectif.
Voici donc les individus cultivés persuadés que la macroéconomie, les grands observatoires, les modèles globaux (car c'est de globalisation qu'il s'agit) doivent dominer leur pensée. Ils sont conditionnés à accepter ceux qui commandent et représentent le cybionte : grands argentiers, technocrates rompus aux réunions internationales, et au dessus,les maîtres du cybionte, qui comme Paulsen ont sacrifié Lehmann Brothers, une honorable organisation vieille de cent cinquante ans. Si l'on pense à la haine que Paulsen porte au président de la plus prestigieuse banque d'affaires et la catastrophe qui s'en est immédiatement ensuivie pour la planète, on est perplexe. Néanmoins il y a des limites aux contradictions que chacun d'entre-nous peut absorber entre les propos du sommet, et leur expérience quotidienne, d'où une méfiance croissante du public pour les discours officiels.
En matière de conclusion, nous sommes dangereusement proches du seuil où de produit le basculement entre expérience actuelle et un monde que nous n'entrevoyons même pas mais qui nous prendra à rebours. Un monde incompréhensible,incroyable,impossible. Tout ce qu'on peut dire est que si la globalisation persiste, elle deviendra un être autonome qui nous écrasera, et que si elle éclate, les fragments résultants, économies locales, chaos, retour aux féodalités, auront un effet dévastateur.
LES MOTS ET LES CHOSES. L'approche sémantique.
Le verbe STAND FOR, (tient lieu de) est la clé de toute la sémantique générale. Il désigne les relations entre deux termes, un terme qui est la réalité, un autre qui en tient lieu. On nomme respectivement la chose signifiée le SIGNIFIÉ SÉ et l'objet qui la représente : image,mot,schéma, parole représente, leSIGNIFIANT ST.
Comment désigner un signifié, si on ne peut utiliser un mot, une expression, une photo? Korzybsky dans Science and Sanity réponpar le "différenciateur sémantique". Il consiste à disposer l'objet à signifier,de telle sorte qu'il me soit possible de le montrer par le bout de mon doigt,en m'interdisant d'émettre le moindre son.
Cela revient à distinguer le mot et la chose comme étant irreductibles l'un à l'autre Quand je vais chez le dentiste et que je subis le supplice de la fraise, ce que je recueille est essentiellement différent que la description qu'on m'en a fait.
Notre vie quotidienne, notre vécu, est essentiellement du domaine de la chose, donc de l'humble destin individuel, alors que les systèmes collectifs globalisants sont voués aux projets régaliens (pour adopter la formulation de Simon Nora et d'Alain Minc, qui désavouèrent dans " Informatique et Libertés" le local au profit du projet technocratique, ce qui entraîna la disparition de l'informatique française.
Une recommandation primordiale des sémanticiens, est de ne pas confondre signifiant et signifié. De les distinguer soigneusement, ils ne sont ni convertibles, ni interchangeables. La pratique inverse relève de la pensée magique. Le signifiant se charge par contamination inconsciente des attributs du signifié. Le mot "merde" est sale,la prière en soi permet de compenser nos crimes et les sacrifices humains ou animaux sont aussi efficaces que les actes religieux.
La pensée magique attribue précisément au signifiant,des attributs du signifié. Quel que soit la garantie attachée au dollar, le billet possède les mêmes propriétés. La seule valeur qui maintient cette valeur est une contrepartie immaterielle :la confiance. Lorsque la guerre du Viet-nam contraignit les Etats Unis à une faillite virtuelle, on suspendit l'étalon or - insuffisant - et on le remplaça par la confiance. Il suffit dès lors d'actionner la planche à billets. On fit comme si tout rectangle de papier imprimé avait une valeur en soi, indépendante de toute contrepartie physique matérielle.
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Ci dessus : 25 roubles 1808. Faux billet de l'époque, fabriqué par les Français et destinés à ruiner l'économie russe.
Vente Colombo, 22, La Canebière, Marseille - France. 12 octobre # 727
EST.400/600€
Une excellente illustration du décrochement entre signifiant (le billet) et sa contrepartie signifiée (la valeur espérée).La distortion entre le signe et la chose a été exploitée par les Français. Elle ne se serait jamais produite dans une monnaie grecque où le signe avait la même valeur concrète que ce qu'elle représentait.
POUR CAUSE DE PANNE D'ORDINATEUR, (Le corps du texte ne veut pas s'imprimer) , le billet est repris dans le journal du 14 octobre. Au secours Emmanuel !
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Saturday, 11 October 2008
CHRONIQUE
Bibliographie et documentation
Grâce à Emmanuel, à Michel et à mon fils (il n'a pas fallu moins que leur concours à tous trois !) je maîtrise pour l'instant le transfert d'images, qu'elles . proviennent du scanner ou du Cool Pix (l'appareil photo) . Je vous engage ainsi à revoir le billet du 12 OCTOBRE qui traite de la numismatique, d'autant plus que j'ai profité de la mise en image pour revoir de fond en comble le texte.
Indiscrétions sur le blog
Au chapitre des recommandations qui m'ont été prodiguées, on m'a vivement conseillé d'éviter des allusions transparentes qui permettraient à chaque blogueur malin - où aux esprits malveillants, de reconnaître compagnies et individus. Bien souvent ils se trompent car je modifie les portraits pour leur imprimer un caractère de nature générale. Au lieu d'énoncer une théorie et de chercher des preuves (déduction), je préfère donner des cas, souvent inspirés par mon devenir quotidien, pour, après, en tirer la substantifique moëlle. Néanmoins il me convient d'être plus prudent, et de m'abstenir de toute allusion sur la Russie, sur le Pouvoir qui nous dirige (ou celui qui ne nous dirige pas!) .J'ai remarqué en revanche, que ceux qui se plaignent, ne sont jamais ceux que je cite à mots couverts, mais de bonnes âmes qui rôdent autour de tout ce qui a un renom, comme la mouche du coche. Ils s'offusquent le plus souvent de propos que je livre au blog et qui se trouvent à la télévision et dans les grands quotidiens!
Une bibliographie très personnelle
Ne vous attendez pas à un travail exhaustif, ni même significatif du genre "les livres à acheter". Non.
Il s'agit simplement d'un constat: que suis-je en train de lire, d'écouter, qu'est-ce qui m'a marqué, et qu'est-ce que j'emporterais avec moi dans une malle si j'embarquais comme Prospero (La Tempête, Shakespeare) vers un île déserte pour une longue retraite. Cette liste n'a de valeur que si elle écrite spontanément, au fil de ma mémoire, sans la moindre réflexion.
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CHRONIQUE
Une visite au palais Brongniart
Il s'y tient le 53e salon numismatique, une occasion pour bavarder avec les exposants sur les tendances et les relations entre les ventes et ce début de crise... en faisant la part des choses, évidemment. En l'occurence un optimisme de commande. Mon fils m'amène ma petite fille de trois mois que je ne connais pas encore et que ces préoccupations ne torturent pas encore.
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J'ai acheté pour ma petite fille qui vient de fêter son anniversaire, et que j'ai rencontré pour la première fois, un objet-symbole qui lui reste toute la vie : une chouette d'Athena. Je l'ai trouvée chez -Paul-Francis Jacquier, Kehl am Rhein, Honsellstr.8 - D 77694
Tetradrachme var. Tardive (ca 415-407) var.7, Svoronos, 17,11 gr.
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