Wednesday, 2 July 2008
CHRONIQUE
Chronique
Ce n'est pas la première fois que dans ce blog je fais référence à Kaffka, mais lorsque cela vous touche et met en jeu votre survie, cela vous blesse plus intensément.
Ce message est personnel mais jette un éclairage sur ce qui peut nous arriver dans un hôpital, même des meilleurs.
De tous les médecins la seule personne joignable et accessible a été le Professeur P*** dont je veux saluer la profonde humanité, reconnue de tous. Pendant mon séjour il m'a été impossible de joindre mon médecin traitant, celui censé s'occuper de moi, Lui, en revanche était toujours là..
La première fois j'ai subi le choc de l'anésthésie et j'en suis sorti amnésique. Ils ont fait attention cette fois-ci et tout semble s'être passé pour le mieux- pour le moment du moins.
Malheureusement ce qui devait être une simple opération de contrôle a été une véritable opération. Le bas de l'oesophage était couvert de varices qu'il a fallu juguler, triturer, meurtrir, tordre. Sans cette exploration je ne serais plus vivant sans doute. Dans un mois, Hôpital à nouveau pour un contrôle. Ce que je vous en dit, il m'a falu un travail harassant de déductions pour le découvrir. Il faut ajouter à cela des difficultés administratives et des négligences. Par exemple je leur ai rappelé que comme tous ceux qui n'ont plus de rate, je dois impérativement me faire vacciner. (iJ'a déjà souffert d'une septicémie pour avoir négligé cette précaution). Il a fallu que j'insiste pour me faire vacciner!
Le retour ne m'a pas laissé le loisir de faire l'inventaire de mon état mental. Les gens me trouvent normal et plein d'énergie. Le problème lancinant et de se nourrir. Menu imposé : glace au chocolat, yoghourt glacé, boissons réfrigérées, glaçons, tout ce qui est liquide et glacial, dont des glaçons. C'est tout !
Cela tombe au plus mauvais moment, celui où mes négociations avec de puissants personnages, décideront de mon sort : j'en sortirai à l'aise ou ruiné !
Un fol optimisme m'a entraîné, à l'épouvante de mon comptable, de parier pour le succès et acheter des pièces d'un intérêt culturel exceptionnel pour une fondation qui ne verra peut-être jamais le jour. Je viens ainsi d'acquérir le plus beau stylo du monde : le Bernini, taillé en vingt faces (vingt millénaires) serties de nacre. Un tout de force impossible. Cette pièce m'a été volée pendant que j'étais à l'höpital et je n'ai eu de cesse de la remplacer. J'aurais bien voulu vous la montrer, mais il faut que j'apprenne à charger de photos en provenance du cool-pix. J'ai aussi acheté un oruba,de la poterie en grès datant du XIVe siècle, la harpe de Marie Antoinette, le premier chef d'oeuvre de Naderman, le plus fameux facteur de harpes encore à vendre chez l'Oréal.
Vous excuserez cette chronique très personnelle. A propos j'ai été tancé par des collègues universitaitres qui me coneillent de ne pas parler de politique, ne pas citer même en sous-entendu des compagnies, d'adopter un style impersonnel, Le fait que ceux dont je parle sont ravis, comme la comtesse par exemple, ne les émeut pas. Je leur dis poliment que je n'ai que faire de ces rumeurs (car ces censeurs se gardent bien de décliner leur identité !
Wednesday, 25 June 2008
CHRONIQUE
Le nageur imprudent
On peut dans une certaine mesure considérer ce billet comme un commentaire du précédent. Un nageur qui prend des risques non calculés, pour s'agiter dans tous sens quand le danger se fait sentir et qui en accélère l'apparition par des réactions de panique, est un individu qui au lieu d'abaisser la température trop élevée, l'augmente en y ajoutant celle provoquée par son chaos personnel.
NOTE AU LECTEUR
Chers amis une mauvaise nouvelle.Demain à 7h30 je suis convoqué à Cochin pour des examens approfondis sous anesthésie générale. Ce que nous craignons tous ce sont les effets de l'anésthésie sur mon comportement cérébral et on compte sur moi pour compenser les nouveaux troubles. Quand sortirai-je de l'hôpital ? Peut être deux jours après ou plus, mais dans dans un état de probable de forte confusion mentale, alors que j'ai des rendez-vous d'une importance vitale pour ma profession. Je prends tout cela comme un défi à surmonter et je garde bon moral. A bientôt, sans doute une petite pensée de nombreux d'entre- vous peut , parait-il , plus salutaire qu'il n'y parait. Le blog me manquera !
Votre affectionné Bruno Lussato.
Tuesday, 24 June 2008
CHRONIQUE
Canicules
Les grandes métropoles ont chaud, bien d'autres sites aussi, à commencer par la Provence. Certes, pour ceux qui peuvent se le permettre il y a l'air conditionné. Mais dès qu'on l'arrête, la chaleur revient, pire qu'avant. Par ailleurs il est inefficace pour les appartements où les murs des voisins gardent la chaleur. Ce n'est que dans de grands établissements:hôtels, bureaux, administrations, que tout l'environnement est air conditionné. et puis, à l'exemple des Américains, l'intérieur est réfrigéré alors que l'extérieur est une fournaise. De quoi attraper la crève, sans compter les germes véhiculés par des tuyaux mal entretenu, véritables nids à poussière et à germes.
Hier j'ai voulu visiter l'exposition de Hokusai au musée Guimet. Elle se trouve au sous-sol et elle est assez exiguë. A la caisse on m'a vivement dissuadé d'y pénétrer. L'air y est irrespirable à cause de la chaleur véhiculée par les visiteurs trop nombreux, et vers la fin, ils laissent dernière leur passage eux une véritable étuve. Le seul remède : y aller à dix heures, dès l'ouverture. Derrière moi, un bruit de sirène, le SAMU. Un des visiteurs vient d'avoir une attaque. Ainsi périodiquement on doit véhiculer d'urgence des imprudents qui affrontent la canicule interne plutôt que de se sauver, pour ne pas perdre le bénéfice de la queue interminable et le montant de leur billet.
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Monday, 23 June 2008
CHRONIQUE
Grandes promesses et petites vexations
Le milieu professionnel et même amical (c'est moins vrai pour une vraie famille) est plein de gens puissants, comme d'agents d'influence qui se disent vos obligés et qui vous promettent, qui une recommandation auprès d'un personnage influent ou utile ( un bon dentiste, le fonctionnaire qui déverouillera votre dossier, un électricien ou un plombier) qui, leur appui en cas de pépin grave : "je serai toujours là dans l'adversité". Si vous avez quelque argent, il se feront inviter dans un restaurant réputé, car ce sont généralement des amateurs de vins fin et de cuisine délicate. S'ils se piquent de culture, c'est chez Lipp qu'ils se feront inviter, ou encore qu'ils vous inviteront, pour s'apercevois qu'ils ont oublié leur portefeuille. Il est facile de les voir , allez à midi dans un restaurant huppé, ils sont là, escrocs et parasites, avec leur victime. Relisez aussi (je suis poli car vous ne l'avez sans doute pas lu) Les Facheux de Molière, ou Volpone.
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Sunday, 22 June 2008
CHRONIQUE
Boucs émissaires
Bien sûr, c'est toujours la faute à l'autre ! Mais il y a des degrés dans l'impudeur, le culot et la mauvaise foi. Et notre pays, celui des chasseurs de sorcières et de la révolution, successeur fécond de l'inquisition, y est particulièrement prédestiné. La crise s'aggrave dans les temps de crise grave et accentue ses effets. C'est ce que je vois autour de moi. Et pourtant les scénarios catastrophe, ni même récession grave, ne font que commencer. Que sera-ce plus tard, lorsque les revendications actuelles sur le pouvoir d'achat ressembleront à des caprices d'enfant? Nous sommes en France, où on procède par crises, et la violence s'en mêle, non contenue par un pouvoir réellement fort qui impose au lieu d'essayer de calmer et de négocier au coup par coup. C'est un De Gaulle (celui de l'appel) qui nous manque. Le président Sarkozy le comprendra-t-il? Il y a des signes qui vont dans le bons sens, mais est-ce suffisant?
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CHRONIQUE
Une promenade au Musée Guimet
Elle s'impose. En ce moment il y a une exposition des oeuvres, estampes et dessins, du plus prodigieux génie que le Japon ait enfanté. Le dessinateur fou de son art, mort dans la misère à l'âge de 95 ans, pauvre moineau déplumé, vieillard déchu... Mais il y a aussi bien des chefs-d-oeuvre des colections permanentes qui méritent le détour : sans compter la statuaire khmère, trois statues japonaises de sages et bienheureux, la collection Granddidier de porcelaines, le paravent d'Ogata Korin...
Mais quelqu'un a été oublié ainsi que son oeuvre majeure, et ne figure dans aucun guide, il n'est même pas honoré par une mention. C'est l'architecte qui a refait le vieux musée sombre et poussiéreux en un miracle d'équilibre, de noblesse, d'imagination, d'emploi des couleurs et des matières. Les éclairages sontparticulièrement étudiés. Par exemple les vitrines ne sont pas éclairées par de multiples spots. Elles sont surmonées d'un voile translucide, et c'est lui qui reçoit les rayons d'un fort projecteur. La lumière ainsi diffuse, montre, sans ombres, l'objet également éclairé de toutes parts, sans ombres ni reflets.
Lorsqu'ils y vont mes amis emportent un coolpix (une caméra c'est trop voyant) en essayant d'échapper à la vigilance maussade des cerbères. Ils ne sont pasà pour vous aider, mais pour appliquer le règlement, un point c'est tout.
Oui, allez en vitesse au Guimet. (Place d'Iena)
Pour ceux qui veulent emporter avec eux un objet de qualité, continuez le billet.
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