Bouillon de culture
Wednesday, 26 September 2007
IDIO GAUCHO BOBO
La culture pour les nuls
Un événement!
Enfin un commentaire qui confirme ma prévention - à l'instar d'Alain Finkielkraut - pour le blog : un dépotoir d'immondices!
Jusqu'ici, l'accueil réservé à mes billets austères et sulfureux, le contenu et l'intelligence des commentaires, la gentillesse et la générosité qui m'ont incité à continuer à le maintenir coûte que coûte, toutes les nuits, de minuit à cinq heures, ont contredit l'idée que je me faisais de l'Internet. J'aurais donc rêvé? Un blog pourrait-il être sans concessions et rencontrer un public? Ou est-ce un cas unique, privilégié, une oasis de finesse et d'indépendance d'esprit dans un océan de vulgarité et de mimétisme?
Le commentaire de Paul, je l'appellerai Popol pour me mettre à sa portée, me rappelle que nous sommes privilégiés, et que nous tenons bon dans cette marée noire d'obscurantisme, mâtinée de méchanceté gratuite, de haine refoulée, et pour tout dire de bêtise : ignorant et fier de l'être, voici la devise de tous les Popols de la terre.
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Tuesday, 25 September 2007
Note Marina Fédier constitue pour vous progressivement une bibliographie essentielle pour vous permettre d'aller au fond de vous mêmes.
Cliquez ici ►♦♦♦
La culture Vitalmax
La quintessence d'une certaine civilisation
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Exponentielle
Je suis très fier de constater que le nombre de visites de mon blog croît de manière exponentielle. Du moins jusqu'à présent. Et sans que le moindre effort de racolage ait été entrepris. On commence par 1700 visites le mois de février et on dépasse les 20 000 avant que Septembre soit achevé.
Un de mes anciens élèves , Dariusz Cymmerman, ressent la même excitation que moi, chaque matin en consultant son site. Il augmente aussi selon une progression géométrique, mais à la différence du mien, ce qu'il comptabilise ce ne sont pas des visites, mais des milliers d'euros, ce ne sont pas des commentaires élogieux, mais des contrats d'exclusivité juteux.
Je puis certes me consoler en songeant que nous n'avons pas la même conception de la culture. Moi, c'est la culture humaniste, celle qui remplit péniblement quelques salles de concerts, qui vend quelques recueils de poésie tirés à mille exemplaires. Lui c'est la culture physique. Nul effort pour la diffuser, lorsqu'on a découvert une source d'approvisionnement rentable, elle se vend toute seule... notamment en Russie, en Algérie, et d'autres pays machos où le muscle est roi.
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Monday, 24 September 2007
INTERDIT AUX PLUS DE DIX ANS
La bêtise dans la peau
La mémoire dans la peau, tel est le titre d'une chose qui vient de passer à la TV au moment où l'on donne le deuxième navet de la série des Bourne : La Vengeance dans la peau qui vient d'être suivi par The Bourne Ultimatum.
Plutôt que de navets, c'est de betteraves sucrières qu'il faudrait parler. Mais avant d'aborder l'analyse du film, qu'il me soit permis de mentionner l'auteur du best seller d'où il est tiré : Robert Ludlum.
Cet écrivant (on n'ose dire écrivain) produit des objets en forme de brique épaisse et constitués de papier, de colle et d'encre d'imprimerie. Ils ont l'apparence de livres, mais ce ne sont pas des livres. Lorsqu'on les ouvre et qu'on y jette un clin d'oeil, on reste rivés sur l'intrigue et on ne peut plus dîner, souper, faire l'amour ou dormir, avant de les avoir terminés.
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Sunday, 23 September 2007
Le texte authentique
Les sanglots longs
des violons
de l'automne
blessent mon coeur - - - - - - - - - - - - - - - - ► au lieu de bercent mon coeur
d'une langueur monotone.
Tout suffoquant
et blême, quand
sonne l'heure;
je me souviens
des jours anciens
et je pleure
L'origine du mal perçu
L'association blessent - langueur est un oxymoron. Le terme langueur monotone suggère un lent balancement un peu hypnotique, celui qui mène au sommeil. Il est donc congruent avec le bercement évoqué par bercent. C'est une redondance équivalente d'une bonne forme dans un texte. Elle est donc privilégiée.
En revanche le terme blessent contredit "langueur monotone". Mais c'est précisément cette improbabilité qui accroît la valeur informationnelle du texte. Par ailleurs elle est loin d'être arbitraire. En effet le verbe blesser se rapporte , non à la langueur monotone, mais à sanglots, qui dénotent une douleur aigüe bien en accord avec une blessure.
En déformant le message initial on tombe sur une incohérence : on ne comprend pas comment le poète bercé par une langueur monotone, soit blême et suffocant. En revanche la blessure causée par les sanglots prolongés du vent et de la pluie, explique la suffocation et la pâleur du poète.
De tels détails se trouvent souvent dans l'interprétation musicale, et les déformations de rythmes jugés pa les classiques. Mozart est particulièrement affecté par ces réinterprétations lénifiantes sous prétexte de bon ton et de goût mozartien. L'analyse de la sonate N°8 en la mineur, montre au contraire que l'oeuvre est riche en dissonnances, véritables oxymorons musicaux, et des décalages rythmiques analogues à "et blême quand/".
Un critère de compréhension d'un texte :
Le test de commutation
Il consiste à introduire des erreurs de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves dans un message et détecter le moment où le récepteur s'en rendra compte.(Shannon). Ces erreurs peuvent être soit de l'aléa simple (perturbations chaotiques) soit de la désinformation ou encore due à un manque de compétence et d'observation du récepteur.
Les mal perçus se produisent lorsque le récepteur modifie le texte sans s'en apercevoir, soit en supprimant des passages, soit en ajoutant ou en modifiant la syntaxe. Les mal perçus sont souvent dus à un rétablissement des bonnes formes (au sens de la gestalt théorie) et à la suppression des oxymorons et des associations improbable. Un bon exemple est celui de la Chanson d'Automne, cliquez ici pour le retrouver►♦♦♦dont un mot a été changé pour un autre. Essayez de découvrir lequel est erronné et remplacez-le. Cliquez ici pour avoir le texte corrigé. ►¶¶¶¶
Monday, 17 September 2007
Quoi de commun entre Grâce Kelly et Annette Messager?
RIen en apparence. Mais lisez Hayakawa. Le grand sémanticien établit une claire distinction entre l'art d'évasion et le grand art, celui des génies de la dramaturgie, des arts de la peinture, des architectes, des compositeurs. L'art d'évasion qui est souvent celui du divertissement, nous éloigne de la réalité, d'une réalité douloureuse ou décevante, à l'instar d'une drogue, d'un tranquillisant. Vous vous projetez dans un monde imaginaire, vous vous identifiez à un personnage flatteur ou puissant, vous vivez par procuration des situations d'autant plus fascinantes qu'elles sont faites pour fasciner. Mais après, vient le réveil, et vous vous sentez désemparé, dépaysé par la rude réalité, le monde est désenchanté, et aussi vite que possible, vous vous replongez dans l'univers sans pesanteur de la fiction, comme l'enfant effrayé se blottit sous les couvertures dans une chaude obscurité utérine. Mais il en subsiste toujours un sentiment d'incomplétude, causé par un décalage deviné pais nié entre la fiction séduisante et la réalité. La magnifique saga de Grace Kelly fait partie de ces fictions enfantines, primaires. L'image de la princesse ne peut survivre au temps. Nul enseignement ne peut être tiré des ces images polychromes d'un bonheur inatteignable, et on n'en retire que le sentiment fondé, d'un paradis d'autant plus perdu qu'il n'a jamais existé.
En revanche, voyez Wozzeck, l'opéra d'Alban Berg. L'histoire atroce d'un homme misérable qu'on rend fou, qui égorge sa femme et se noie, laissant un petit orphelin. Les dernières mesures juxtaposent trois images mentales fortes, plus fortes encore de leur superposition. 1. Les enfants excités qui cruellement viennent apprendre la nouvelle au petit : "La Marie, elle est morte! " et qui, joyeusement vont voir le cadavre, 2. Le pauvre petit tout seul dans la rue déserte et dans le monde hostile, qui continue à chevaucher son cheval de bois, un vieux balai et dit "hop hop ! hop hop ! ". 3. A l'orchestre un accord de douze sons étale répété trois fois, accord horizontal calme comme le grand sommeil, comme l'étang, comme la mort injuste et indifférente. Et cela donne une immense pitié, qui nous anime du désir que cela n'arrive jamais plus, une grande compassion. On pleure et cette catharsis est nécessaire, la splendeur formelle de la musique, le génie du compositeur, inversent le désespoir, apportent une réponse à tant de malheur quotidien. Sans cynisme, l'oeuvre d'élévation accroît notre lucidité, elle nous prépare à affronter les malheurs de l'existence et à y apporter des réponses positives. Et c'est cette catharsis qui fait que contrairement à l'oeuvre d'évasion, des images éffrayantes nous laissent un arrière goût consolant, nous font progresser dans la voie du développement et dans la connaissance de notre être essentiel.
Les installations d'Annette Messager sont des visions funèbres d'épouvante et une révélation des tréfonds de notre inconscient; Mais nous en sortons émerveillés, grandis, plus sages et plus conscients de la complexité de l'âme féminine et pour les hommes, mieux préparés pour la comprendre.
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