Bouillon de culture
Tuesday, 9 October 2007
Chronique La vie après la chaire
Pour "l'autre Alexandre"
Je me suis toujours dit que je mourrais, si le Seigneur le permet, en enseignant. Depuis l'âge de cinq ans, paraît-il, je poursuivais les grandes personnes en faisant de grands discours inintelligibles, mais qui ressemblaient fort à des sermons. Plus tard, passés les sept ans, j'accablais mon père, à son retour d'un travail harassant, de longues démonstrations sur la catalyse ou sur l'action de l'air sur l'aluminium enduit de mercure. (Il s'oxyde spontanément et il en pousse d'assez répugnantes concrétions vermiculaires blanches, d'alumine). Mon père essayait de ne rien en faire paraître, mais un soir je l'entendis se plaindre à ma mère : "Qu'est-ce que j'ai fait au bon dieu pour avoir engendré un pareil phénomène! Je ne peux plus le supporter!).
Plus tard, les quelques jeunes de mon âge horrifiés, faisaient le vide autour de moi. Quant aux filles, parlons-en! Je ne savais pas conduire, pas danser, sans argent pour leur offrir un pot. En revanche je discourais sans arrêt sur l'influence de la mort sur les oeuvres des grands compositeurs, sujet qui me hantait et qui me poursuit encore aujourd'hui. La rançon de cette passion d'enseigner fut la solitude, la solitude totale. J'étais coupé du monde des jeunes et par là de toute possibilité de relation authentique et sentimentale : pas d'amis, pas de camarades, pas de flirts, ... en revanche je m'entendais à merveille avec de grands pianistes, des savants (notamment des cristallographes, des chimistes, des pianistes et des compositeurs), des personnages ayant dépassé les soixante dix ans, et qui plongeaient leur "weltanschaung" leur mémoire et leurs racines, dans l'univers post romantique. J'en héritai et cela consomma définitivement tout contact avec mes contemporains, plus proches d'un existentialisme hédonique mâtiné d'aigreur gauchiste, que de l'idéal des Zweig et des Thomas Mann.
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Monday, 8 October 2007
Chronique
Elle sera sommaire, vu l'heure, et l'analyse et la rédaction du cas TFP qui m'a passablement "pompé". J'ai commencé par me piquer au jeu, par réflexe professionnel, et puis je me suis souvenu, que d'une certaine manière j'étais affectivement impliqué dans cette lutte où des mondes opposés se heurtent de front. Il se trouve que le combat n'est pas équilibré et que Médusa l'emporte par sa haine, son agressivité, ses méthodes soviétiques, l'appui de l'Etat, l'utilisation san complexe du mensonge le plus grossier et de la désinformation la plus tordue. La loi est violée, une terreur insidieuse s'infiltre dans notre pays, et il est important que justice se fasse, que les coupables soient châtiés, et publiquement désavoués. Un commentaire ne s'est pas fait attendre, qui fournit un mémorandum très précis sur les événements factuels de l'affaire. Les amateurs pourront s'y référer.
Mon projet initial a été retardé. Il était destiné à Ben qui attend toujours une liste des disques classiques et la manière de les aborder utilement. La musique est un art beaucoup plus complexe que la peinture, plus abstrait, plus d'ifficile d'accès, mais paradoxalement plus facile à approfondir par un profane intelligent, à cause de sa rationalité qui le rend accessible aux informaticiens et aux biologistes, alors que la peinture est chose mentale, certes, si on en croit Vinci, mais aussi sensuelle, tactile, voluptueuse. On l'appréhende instantanément.
Pour ne pas faire languir trop longtemps Ben, voici un point de départ :
1. Il vaut mieux acheter un seul disque et l'écouter cent fois, que d'en acheter cent et de les écouter une fois. En plus, cela coûte moins cher!
2. Il y a des incontournables des chefs d'oeuvres universels dans leur version de référence. Par exemple :
J.S.Bach. Le clavier bien tempéré, par Richter.
J.S. BAch. L'Art de la fugue par Hermann Scherchen
Beethoven , les trente deux sonates par Wilhelm Backhaus et par Wilhelm Kempff.
Beethoven, les symphonies et la messe solennelle par Arturo Toscanini
Mozart (en DVD) : la Flûte Enchantée par Levine, les Noces de Figaro par Bohm mis en scène par Ponnelle.
Wagner. Le RIng par Boulez- Chéreau (DVD)
Chopin , les préludes par Alfred Cortot, la sonate op.35, funèbre, par Backhaus, le sonate op. 58 par Dinu Lipatti
Mahler , Le Chant de la terre par Klemperer et Christa Ludwig
Moussorgsky, Boris Godounov (DVD) par Gergiev
Tchaikowsky, Eugène Oneguine, par Solti (DVD)
Mode d'emploi. En attendant mes conseils, commandez-les aussitôt que possible, car ces disques ne resteront pas longtemps dans le commerce. Vous pouvez vivre avec , et rien qu'avec eux , pendant quelques dizaines d'années.
Friday, 5 October 2007
La bibliothèque d'Art
Pour Christine
...pour les enfants
Billet réactualisé et complété
L'avantage théorique des ouvrages d'initiation pour les enfants, est qu'ils sont facilement abordables pour les adultes et qu'ils sont tenus à une obligation de clarté. Ils partent du point de vue que l'enfant ne sait rien, qu'il est facilement dissipé et attiré par des jeux vidéo, ou des amusettes et que par conséquent il faut inventer une présentation attrayante, faisant appel à sa curiosité afin de l'emporter sur une concurrence toute puissante. Par ailleurs, ces ouvrages vont vers l'essentiel, les bases, puisque l'enfant est supposer tout ignorer de l'art.
Or ce qui est vrai pour l'enfant l'est aussi pour la majorité des adultes. L'école les a laissés en friche du point de vue artistique, au point que le homard de Vinci et Mickey L'Ange ne sortent pas d'un sottisier mais de copies du bac. Au cas où par miracle, des gens même éduqués auraient autre chose qu'une vague notion des tableaux du Tintoret, de Rubens ou de Klee, ce ne serait jamais qu'un souvenir superficiel. Les queues innombrables qui défilent dans les expositions internationales, les yeux mornes, les jambes pesantes, ne retiennent des oeuvres surabondantes que de vagues impressions ainsi que le montrent des interviewes et des sondages que j'ai effectués tout au long de ma carrière.
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Thursday, 4 October 2007
La Bibliothèque (comment s'en constituer une)
L'initiation à l'Art
L'art c'est comme le chinois, ça s'apprend. (Picasso).
Voici un aphorisme que je ne cesse de répéter, quitte à passer pour un radoteur. Il est en effet des formules lapidaires qui énoncent des évidences pour les hommes cultivés, qui n'en sont pas pour les incultes et les snobs. Ces derniers ce trouvent aux antipodes de la culture humaniste.
La pauvreté culturelle absolue
Le degré zéro est la pauvreté culturelle absolue, pour reprendre l'expression de Galbraith, où on n'a pas le bagage culturel suffisant pour se rendre compte qu'on n'en a pas du tout. On se contente de peu, et on se moque de ceux qui en sont pourvus, comme ces pauvres absolus qui sans abri, adossés à un cocotier, voient passer les beaux messieurs et les jolies dames, habillés en Armani et en Prada, et les montrent du doigt en se gaussant. Ils travaillent juste de quoi vivre et somnoler pendant trois jours, puis recommencent... Il en est de même pour les pauvres culturels absolus qui eux sont bien souvent économiquement riches, et qui se moquent de ceux qui, péniblement, essayent d'accéder aux nobles sphères de l'art et des lettres. Ils répètent d'un air entendu " la culture ça ne se mange pas en salade", ou encore "la culture à quoi bon gaspiller son temps? On jouit ou on se divertit, un morceau de musique, un tableau, un poème, qui exigent pour être compris, un effort, ne valent rien. Et qu'est-ce que ça signifie comprendre? Y a rien à comprendre, faut aimer. L'art ce n'est pas des mathématiques, on jouit où pas, on aime où on n'aime pas. A-t-on besoin d'aller à l'école pour aimer un beau coucher de soleil, pour apprécier un tableau impressionniste, un bon morceau de jazz, un tube de Céline Dion? "
La richesse culturelle absolue
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Sunday, 30 September 2007
Chronique
Des statistiques et des hommes
C'est le jour des statistiques. La progression n'a jamais été aussi forte, puisque nous sommes passés de 16876 visites au mois d'août, qui était un record, à 26281 visites, sur un total de 95844 visites depuis le mois de février. On a fait en un jour ce que l'on faisait en un mois au début de cette aventure, alors que rien n'a été tenté pour créer des liens extérieurs. Le bouche à oreille à seul joué. Il doit bien y avoir une explication.
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Thursday, 27 September 2007
Pour Popol, de la part de l'idiot-gaucho-bobo
Dans l'espoir qu'il pourra trouver grâce à cette série une vague idée de ce que l'on nomme la culture.
La civilisation numérique et la culture.
On répète à l'envi, depuis quelques décennies, que nous entrons dans la civilisation numérique, que le livre, le disque et autres moyens privatiques de transmission d'information et de culture ne seront plus que des vestiges, des témoins d'une époque révolue.
Ce n'est pas faux. La télévision, le téléchargement, l'image par téléphone, les jeux vidéo, l'ipod, ont supplanté pour beaucoup le journal et le disque. La qualité est au rendez-vous grâce à la photocopie, les sites et les blogs de qualité, des écrans à plasma qui rivalisent avec le cinéma et permettent à chacun de disposer de son auditorium personnel.
Pourtant, nous objecte-t-on, jamais le papier n'a proliféré comme aujourd'hui. Les éditeurs proposent à tout bout de champ des tombereaux de livres, dont certains sont vendus à des millions d'exemplaires, d'autres, il est vrai, sont mort-nés. Les magazines, les journaux ont bénéficié des autres média.
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