masterclasses
Vendredi, 20 juin 2008
CHRONIQUE
Glisser
J'ai appris à l'höpital une technique qui m'assure un sommeil profond et réparateur. Mes horaires sont certes exotiques : je dors à 10 heures et me réveille très tôt, mais je pense que minuit ferait aussi bien l'affaire, et je songe aux milliers d'insomniaques dont j'étais. Pourquoi ne pas vous donner la recette? Plus de calmants ni de narcotiques. Vous jetez à la poubelle Xanax et stillnox.
Le mot"glisser" est de mon cru. C'est un état second qui s'apparente à une espèce d'anesthésie de l'esprit. Pour l'atteindre vous essayez de chasser de votre esprit toute perturbation et de votre corps toute activité excitante (soirée bien arrosée, travail très prenant, manifestations bruyantes et danses agitées). A l'heure dite, aussitôt que possible, vous vous allongez sous la couette, bien horizontal, pieds nus et vous éteignez la lumière. Il est indispensable alors de vous concentrer sur des utopies agréables : la lamborghini qui attire l'admiration des jolies femmes, le chinchilla et le passage chez Alexandre, le spécialiste de soins de beauté, chez les hommes pour les beaux mecs. Et bien entendu, tout cela dans votre maison pieds dans l'eau sur la Côte, le voilier somptueux, ou encore la croisière de rêve aux Caraïbes. Moi, je me vois animer un centre culturel, en train de trouver des objets précieux pour l'enrichir, où plus prosaïquement me pavaner dans un manteau de vigogne de chez Hermès.
Sans que sachez trop comment, vous êtes partis. Comme si on vous avait appliqué sur le museau un tampon de chloroforme.
Plus tard, au milieu de la nuit, vous pouvez ressentir le désir de passer à la toilette, d'achever ou de continuer un travail artisanal que vous avez commencé et qui progresse doucement, par étapes, ou simplement vous avez faim. Vous accomplissez sans nervosité ces occupations, vous vous remettez au lit, et immédiatement vous replongez dans cet état second, c'est à dire que vous vous laissez glisser dans cetteamnésie bienheureuse. Le lendemain, en vous réveillant vous n'avez gardé de ces interruptions que des souvenirs très flou, comme d'un rêve dont on se souvient à peine et qui s'évanouit aussitôt. D'une certaine façon on peut dire que vous êtes somnambule. Ainsi j'ai retiré de mon coffre tous mes contrats et je ne sais où ils sont passés. Trop bien classés peut-être.A la cuisine, je trouve des trousseaux de clés étalés dans tous les sens. Qui les a mis là? Je ne sais, sinon moi pendant la nuit. Pis encore, au milieu de la nuit je confonds ma chambre d'hôpital et celle de mon appartement, et cherche le placard de l'une dans celle de l'autre!
Mais ces handicaps ne vous affecteront sûrement pas, car vous n'avez pas un caillot de sang qui se balade dans le cerveau, provoquant des amnésies profondes. Je suis sûr que vous n'en retiendrez que les côtés positifs : un sommeil réparateur, un lit douillet et un matin dispos. Attention, il ne faut pas dépasser minuit pour vous coucher et ne prendre ni sédatifs, ni excitants.
Essayez, cela en vaut la peine. Envoyez-moi par mail (blussato@wanadoo.fr) le résultat de vos expériences.
Dimanche, 15 juin 2008
CHRONIQUE
Petites misères quotidiennes
Elles ne sont généralement pas graves, mais elles vous pourrissent généralement la vie, bien plus que de grands malheurs qui souvent vous obligent à réagir ou à comprendre. On en sort grandis ou détruits. Mais des tracasseries quotidiennes : le plombier qui vous fait faux bond, la carte verte dont vous attendez depuis des mois la ré-actualisation et en cas d'urgence, la palme revenant à l'Etat " écrivez et on vous répondra ", on ne s'en tire que rapetissés, médiocrisés, exaspérés ou pire, résignés et abrutis.
Si on essaie de classer nos misères, on peut utiliser le diagramme hexagonal HUMELD correspondant aux échelles primaires qui génèrent nos valeurs et dont le cocktail forme notre profil de jugement.
H signifie Hédonique. C'est l'échelle génératrice plaisir - peine. c'est celle que tout être conscient privilégie. On recherche comme le bébé le plaisir et on braille lorsqu'on a bobo. L'enfant n'est sensible qu'à cette échelle. Il n'y a pas que les jousseurs et les bons vivants à tout focaliser sur cette échelle. Nombreux sont ceux qui font des bassesses, voire commetre des crimes pour atteindre la plaisir : sexe, bonne chère, villa sur la Côte d'azur ou Yatch de 30 mètres.
H- , l'évitement de la peine, est encore plus répandu : la fraise du dentiste, une crampe au mollet, une crise de calculs rénaux,, autant de souffrances intolérables qui relèguent à l'arrière plan les autres misères quotidiennes.
U est l'échelle d'Utilité, c'est à dire la prise en compte des conséquences d'un acte.Le bébé apprend que s'il se gave trop de chocolats délicieux aujourd'hui, il aura bobo demain, et que ce bobo est plus douloureux que le plaisir pris aujourd'hui. Aussi curieux que cela paraisse, voici une attitude courante chez les grands patrons. Il président avec déléctation des réunions interminables, où les courtisans essaient de ne pas bailler, alors que ceux-ci feraient mieux d'être à leur travail parmi des travailleurs qui font la prospérité de l'entreprise.
M, est le besoin de partager ce que l'on a avec autrui. La générosité, le prêche,la formation, font partie de M. On se heurte à deux options : le don est échelonné et des priorités sont établies, (La France ne peut recevoir toute la misère du monde, disait Michel Rocard). Par exemple : la famille d'abord, puis les amis, puis le clan, puis le monde tout entier, la seconde option est de donner plus à moins de gens.Seul Jesus Christ a donné tout ce qu'il avait au monde tout entier.
E, pour esthétique, est l'importance accordée à la beauté, à l'harmonie des formes et des couleurs, E - étant l'horreur du mauvais goût.
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Mardi, 10 juin 2008
CHRONIQUE
Eloge de l'amnésie
Tutto il mare non vien per nuocere disait ma mère, que Dieu ait son âme, (tout le mal ne vient pas pour nuire) e j'expérimente à l'instant cette vérité. En effet à la suite de mon dernier déboire, alors que je reprends physiquement des forces, j'ai rétrogradé mentalement. Je suis redevenu amnésique. J'oublie ce que je ne note pas, et je me promène dans mon appartement comme un aveugle sans canne et sans mémoire. Sont affectées les dates, certains noms d'êtres familiers comme Alexandre Del Valle et tout ce qui est antérieur à deux ou trois minutes disparaît dans le brouillard. N'y aurait-il pas de quoi désespérer? Et pourtant, je me suis aperçu que les effets négatifs de cette catastrophe ont leur contrepartie positive tout aussi importante. A nous de choisir !
Avant que je ne m'explique sur ce point et avant d'oublier, je vous engage à relire soigneusement "La Ronde des illusions". Le billet a été complété, soigneusement pesé et seul fait foi. de mon état d'âme du moment. Je me replonge dans mon sommeil cataleptique et je vous retrouverai demain, c'est à dire tout à l'heure.
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Samedi, 25 août 2007
Information degré zéro
Parmi les différentes façons de mesurer la quantité d'information, deux sont particulièrement pertinentes, une est impertinente.
La première est due à Adrien Mc.Donough, mon ancien collègue de Wharton (Information Economics). L'information résulte de la rencontre d'une donnée et d'un problème.
La seconde est tirée de la théorie méthématique de l'Information, par les pionniers Shannon et Weaver. L'information est liée à l'imprévisibilité du message.
La troisième, l'impertinente, est L'information c'est le nombre bits, pixels, mots ou kilos de papier, délivrés.
Nul ne contestera la pertinence de l'impertinence : jamais autant de signes n'ont déferlé devant nos yeux, et nos oreilles. Les tabloïds français de type Gala ont battu leurs records, sacrant la femme la plus glamour, Cecilia Sarkozy, la star du megaoctet.
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Samedi, 21 juillet 2007
Globalisation et hypermoules. Tous des clones !
Pour Alexandre
Je connais au moins quatre Alexandre que, d'une manière ou une autre j'ai contribué à former ou avec qui j'ai échangé bien des réflexions propices. Mais pendant ces semaines passées à San Remo, j'ai rarement laissé passer un jour sans penser à la transmission de mon faible savoir à un de ceux-ci, le nouveau venu. J'ai tenu le pari de lui inculquer en ces quelques jours, et le plus souvent au téléphone, l'essentiel du contenu de Virus. C'est avant tout pour lui que je synthétise à l'extrême, dans cette chronique, ce qui me paraît essentiel dans l'apprentissage du métier de dirigeant. Le public pourra se reporter s'il le désire aux réflexions d'un vieux professeur.
Voici à mon sens les notions essentielles de cette théorie et leur regroupement en concepts.
Travail humain. Pour Marx, le travail est ce qui différencie l'homme de l'animal, une activité organisée, réfléchie, exigeant du temps et de l'énergie, et engageant tout l'être : esprit, coeur et corps. Les autres fonctions : aimer, copuler, manger, voyager, danser, se battre, faire la cour, donner généreusement, jalouser etc... se rencontrent aussi bien chez l'homme que chez les animaux.
Travail animal. Le cheval de labour, l'ouvrière oeuvrant à la fourmiliere, L'employé remplissant un formulaire de commande, ne travaillent pas, ils sont "travaillés" par leur maître, par l'instinct , par la Centrale d'Achats. Ce travail peut être effectué par des animaux : esclaves, robots, hommes robotisés. C'est le vieux rêve où l'homme pourrait être remplacé par la machine.
Spécialisation et centralisation. Le travail humain devrait être plus plus payé que le travail chinois. On a donc intérêt à centraliser les ressources rares et chères accomplies par les élites, C'est le concept de synergie. Moule et produit de série. Le moule est un prototype fabriqué par un homme indemne, en possession de toutes ses facultés créatrices. Le moulage permet de produire des colones, issus de la réplication de la forme originale. L'activité de "clonage" ne coûte pas cher par rapport à celle de création : activités sportives etc... Indice de valeur humaine ajoutée. (IVHA) C'est le quotient entre l'argent dépensé pour concevoir, monter et vendre, un produit qui va être répliqué en N exemplaires. Pour un moule donné, plus le tirage sera important, plus l'indice de valeur humaine ajoutée IVHA baissera, plus bas sera le prix de revient de l'objet ainsi manufacturé. L'accroissement de la rentabilité explique la vogue des fusions d'entreprise. Sous le nom de restructuration, se cache la lettre de licenciement. Ainsi lorsque Rhône Poulenc fusionna avec l'allemand Hoechst pour former Aventis, l'équipe de recherche française fut éliminée au profit de l'allemande. L'hypermoule et ses clones. J'ai désigné par hypermoule , une extension du sens du "moule". Le concept représente un large éventail de notions, tournant toutes autour du travail humain . Un exemple permettra de saisir la distinction. Le cas l'Oreal. A l'époque de François Dalle il y avait autant de slogans que de grands marchés culturels à atteindre. L'hypermoule comprend les concepteurs idéologiques, les dessinateurs, les projeteurs; les concepteurs de la bouteille, le directeur du MArketing de la région etc. Le clone est la bouteille issue de la chaîne de fabrication, ou encore l'affiche publicitaire, le clip télévisuel promotionnel. Déjà, avant Lindsay Owen Jones, la décision était prise de tout unifier : un seul sologan pour le monde entier : L'Oreal parce que je le vaux bien. Une seule équipe l'emporta, les autres hypermoules furent éliminés. Celle qui fut conservée avait des responsabilités accrues et des contrats plus avantageux, car la moindre erreur devient fatale par suite de la massification.
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Vendredi, 15 juin 2007
Les conséquences imprévisibles de la doctrine Trujillo
Unexpected Outcomes
C'est mon ami François de Closets qui, je crois, me faisait remarquer qu'avec la grande distribution, et l'urbanisme de masse, on était entrés dans l'ère du carré, du cube ou du rectangle. Tout est au carré :les boites de sardine, le riz Basmati, les CD roms, les barres de HLM, les têtes des jeunes et des branchés...
C'est qu'une des premières nécessités du "plus de vendeurs, servez-vous vous mêmes" impliquait la mise sous emballage de ce qui auparavant était débité en vrac : le beurre en motte, les pâtes, le jambon, les oeufs, les produits d'entretien. Et l'emballage se devait d'être cubique afin de faciliter le rangement et le stockage. Notamment de minuscules cédéroms étaient enfermés dans de grandes boites remplies de vide.
C'est que le vendeur étant absent, il appartenait à l'emballage de vendre. Cela se faisait par un argumentaire décrivant la nature du produit, sa composition, voire même son apparence lorsque l'emballage était opaque. La photo de l'objet remplaçait alors la vue de l'objet. En complément des emballages vendeurs, on prévoyait aussi des pancartes, tracts, coupons, s'adressant "personnellement " au client, devenu un "consommateur" (au sens d'un ver de terre consommant la glaise et l'évacuant). Jean Baudrillard dans Simulacres et Simulation, Débatd, Gailée 1981, cite l'Ecclésiaste:
Le simulacre n'est jamais ce qui cache la vérité - c'est la vérité qui cache au'il n'y en a pas.
Le simulacre est vrai :
Beaudrillart remarque en outre que la carte précède le territoire, c'est à dire que le consommateur achète, non pas le produit, mais son image dans l'emballage, dans la pub, à la télévision, dans les guides du consommateur. "Vu à la télévision" devient un argument de vente.
C'est qu'il n'est pas suffisant de faire vendre par l'emballage ou la pub dans les jouernaux, il y manque le bagoût du vendeur. Or il n'y a pas de vendeurs dans la doctrine Trujillo. On va donc le remplacer par un simulacre, plus beau que le vrai, et ce simulacre est fourni par la télévision en couleurs, à ce moment au début de son essor.
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Mardi, 5 juin 2007
Genèse de MATRIX
Là où tout à commencé : à Dayton
Bernardo Trujillo et la naissance de la grande distribution

J'étais depuis un an au BHV (le Bazar de l'Hotel de Ville), lorsque Jacques Thomas, le Secrétaire Général,l'homme le plus influent après le président Georges Lillaz, me proposa de l'accompagner au séminaire MMM de la NCR. Au siège de la compagnie, dans l'ancienne maison du fondateur,professait un gourou perurbateur : Bernardo Trujillo (qui n'avait aucun lien de parenté avec le dictateur sud-américain).
Mon professeur Raymond Boisdé me présenta à Thomas sur qui je fis une certaine impression par ma culture, et notre amour commun pour Teilhard de Chardin et Lecomte du Nouÿ. Ma famille logeait en permanence au Grand Hotêl, Plade de l'Opéra, et supposée être très fortunée. Le Secrétaire Général pouvait donc me fréquenter, et il m'invitait souvent à sa table familiale, avenue Victor Hugo. Nous parlions uniquement de psychologie ou de philosophie, et au magasin nous affections de ne pas nous connaître pour ne pas susciter de jalousies.
Jacques Thomas était un homme grand et froid, de type écossais, marié à une aristocrate dans toutes les acceptions du mot, épuisée par sa trop nombreuse famille. Il se prit d'une amitié un peu distante pour le jeune homme qui l'écoutait avec une considération teintée d'admiration. Moi-même je me sentais honoré par le respect que me témoignait ce grand patron réservé et laconique. Il avait tendance d'ailleurs à me surestimer, et il pensait que je lui serais d'un grand secours aux Etats Unis. C'est ainsi qu'un beau jour il m'annonça : je suis invité par La NCR à écouter un étrange prophète qui annonce la bonne parole. Il y a peut-être quelque chose à glaner pour vous"
Au début des années soixante, aller aux Etats Unis en avion était un privilège, surtout lorsqu'on voyageait comme Thomas en "tapis rouge". On n'imagine pas les petits soins dont Air France entourait les VIP des longs courriers. Je ne manquais jamais de rapporter des flacons de "Moustache" de Carven; qui restèrent pour moi le symbole d'un exotisme cossu et studieux.
Plus tard, lorsque je me rendis régulièrement aux Etats Unis j'en profitai pour faire le tour des musées et des boutiques. Il n'en était pas question avec l'austère Jacques Thomas. Nous filames aussitôt à Dayton, Ohio et nous restames confinés entre l'amphi de trente personnes où officiait le grand homme et un médiocre motel. Avec de brèves incursions en avion dans les discounts et les shopping centers de la région d'où on ramenait des tonnes de diapositives.
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Mardi, 22 mai 2007
Une histoire de David le chameau
La globalisation à l'envers
(suite de la masterclass 6 ) Cliquez ci-contre
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Voici la réponse
Le système traditionnel
Détaillons le processus de fabrication et de commercialisation en commençant par les fonctions classiques. Généralement l'ordre est le suivant : 1. étude de marchés, 2. Recherche et Developpement, 3. Design, 4. commande des matériels : machines outils, 6 Commandes et gestions des stocks de tissu et d'accessoires. 7. Définition des besoins et des quantités. Enquêtes marketing et merchandising, 8. Fabrication et stockage en entrepôt. 9. Logistique : manutentions et transport. 10 Gestion des stocks de produits finis. 11. Répartition des bénéfices aux actionnaires. (fonds de pension). 12. Centrale d'achats du distributeur. 13. Logistique et gestion des sotcks. 14. Merchandising, publicité, promotion est ventes. 15. Gestion du magasin. 16. Liquidation des invendus. 17 Distribution des dividentes aux actionnaires. (fonds de pension)
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Mercredi, 9 mai 2007
Small is beautiful
Une histoire de David le Chameau
Lire la première partie et essayez de répondre à une question.
Mes chers amis,
Ali Sandagarao Mossa Saadi Bey, notre valeureux président, m'a payé un voyage dans "Atoll", un archipel situé entre la Nouvelle Zelande et l'Australie. Pour ne pas vous faire languir, je vous dirai que Clara Hall, la Présidente de l'archipel, a édicté de nouvelles règles tout à fait à rebours de tout ce que j'ai vu dans le monde occidental.
Les frontières d'Atoll sont jalousement gardées et le pays vit en autarcie relative. Clara et son équipe ont interdit Matrix, elle a interdit les implantations de Wal Mart, la mobilité des populations locales, et restauré les corporations et le compagnonage. Elle a combattu l'industrialisation des biens de culture et d'artisanat et rétabli les professions de tailleur, chausseur, menuisier etc. Par exemple, tout citoyen d'Atoll voulant un costume, au lieu de s'adresser à une chaîne de prêt à porter, il ira chez le tailleur le plus proche. Je démontrerai ci-dessous, que cette industrialisation "à l'envers" est économiquement plus rentable que la concentration à l'échelle planétaire d'usines banalisées.
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Mardi, 17 avril 2007
****Se reporter à la masterclass 4 qui vient d'être rédigée. Celle-ci est en préparation.

Extrait d'une plaquette de l'ISD. L'humain dans la langue de bois MATRIX se réfugie dans les palinodies.
Vendredi, 13 avril 2007
*** La dialectique centralisation/décentralisation
Ce texte suppose connue la signification de ces termes, passés dans la langue courante. Le but de ces notations est de les axiomatiser afin de prouver qu'ils sont cohérents, autojustifiés et incompatibles.

Cohérence
Le postulat de base de la centralisation tient en trois assertions : les hommes sont bêtes, malhonnêtes et paresseux. Il s'agit d'une dérivation du paradigme impérial qui postule l'existence d'un principe transcendant, universel et éternel, dont la vertu se transfère à un médiateur humain :le chef. Ce dernier étant investi de la grâce surhumaine, est intelligent, probe et travailleur. On l'a deviné c'est le patron de droit divin ou ayant gagné ses galons par une lutte d'obstacles épuisantes. C'est aussi le guide, le président d'une république, le dictateur.
On peut construire à partir des trois assertions les dérivations suivantes :
Les hommes étant bêtes, il faut leur mâcher le travail, en décomposant les difficultés en petites opérations, comme on découpe la viande en petis morceaux pour la faire avaler à un enfant récalcitrant. C'est le travail en miettes selon l'expression de Friedmann. Ce travail n' pas de sens autre que très local.
Les gens étant malhonnêtes il faut les contrôler par des vérificateurs, qui à leur tour, sont assujettis à contrôle. Seul le chef en est dispensé.
Les gens étant paresseux, il faut les faire pointer.
Si nous rapprochons cette logique de celle de l'hypermoule, nous constatons que les employés ne sont que les clones d'un hypermoule détenant l'intelligence, la probité et le dévouement total à la firme.
Continuer à lire "Masterclass 3. Principe de subsidarité"
Le Seigneur de l'anneau : Pouvoir et entropie
Il était une fois un anneau magique, convoité par tous. Tous étaient prêts à tout lui sacrifier : amour, amitié, honneur, santé. Et d'ailleurs la condition pour l'acquérir était de renoncer à l'amour.
Cet anneau conférait à celui qui le portait une richesse illimitée et discrétionnaire, c'est à dire mobilisable n'importe quand et n'importe où. Elle permettait de tout acheter : le pouvoir, le sexe, la notoriété, la mort (selle des autres). Un de ses attributs était un talisman tout aussi magique que l'anneau : le casque des métamorphoses. Celui que connaissait le logiciel et le mot de passe pouvait se transporter instantanément à n'importe quel coin du globe, contrôler et communiquer incognito, changer son apparence, et le jugement que les autres portent sur vous, voire devenir invisible. Bernard Shaw disait de lui qu'il transformait le voyou en philantrope, l'imbécile borné en génie clarvoyant.
La caractéristique de cet anneau était sa convertibilité dans les quatre formes de pouvoir.
Continuer à lire "Masterclass 2. Métamorphoses du pouvoir"
Mercredi, 11 avril 2007
*** Une axiomatique de la mondialisation
Nous nous contentons de livrer en vrac les pièces du puzzle, sou une forme très axiomatisée. Il vous appartiendra de relier tous ces concepts. Je les range par ordre d'importance.
L'Hypermoule
Ce que je nomme "hypermoule" dans une organisation, est l'ensemble des acteurs et des activités, qui produisent des produits-services innovants, spécifiques, et créatifs.
L'artisanat produisait de tels produits-services aux clients bien identifiés, et exclusivement pour eux. C'était le sur-mesure,et les artisans étaient des maçons, des décorateurs, des portraitistes, des bottiers, des lingères, des couturières, ou des menuisiers -ébénistes .Ils étaient polyvalents : à la fois créateurs, exécutants, commerçants et formateurs.
Grâce à l'industrialisation, la division du travail permit de séparer les activités de création et celles de réplication. Or ces dernières sont routinières et peuvent être confiées à des esclaves, voire à des enfants ou des robots. La proportion entre valeur de création/valeur de réplication, va en diminuant avec le nombre de produits-activitéés semblables produits par un même hypermoule. Le prix de revient diminue de même et on peut vendre à des prix compétitifs des produits vendus à des millions d'exemplaires par jour, comme les téléphones Nokia par exemple.
LA globalisation et la mondialisation est une conséquence directe de la notion d'hypermoule. En fusionnant des entreprises, on ferme les hypermoules superflus et on augmente le nombre de clones produits par hypermoule. Tous comprennent ce raisonnement dans le rapport moule, objet moulé. Plus le nombre d'objets produit par le moule augment, plus la valeur ajoutée créative par rapport à la valeur dégradée de réplication va en diminuant. La différence entre la notion d'hypermoule et celle de moule, réside dans la globalité de celle-là. Le moule est une machine fabriquée artisanalement par un artisan, et crée par le dseign d'un projeteur imaginatif, disons "un cerveau et une main". La réplication est faite par des machines, électronique ou humaines, mais où les qualités spécifiques du cerveau ne sont pas utilisées.
L'hyper-moule englobe au delà des machines, ceux qui font des stratégies, de la recherche, des modèles... Je me souviens que Lindsay Owen Jones, alors président de l'Oréal, me vantait la supériorité de l'unification des publicités. Auparavant chaque bassin culturel employait des créateurs qui dessinaient le logo, les slogans, le décor, de la pub télévisée. En adoptant un logo unique : le mot "Paris" en haut et le slogan "L'Oréal parce que vous le valez bien", on fait l'économie d'un certain nombre d'agences de Pub.
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Commentaires
mar 19/08/2008 à 17:45
Quelqu'un aurait-il des nouvel les de l'état de santé du Prof esseur? Je commence à m'inquié ter un peu devant la dur [...]
jeu 31/07/2008 à 15:49
Merci de partager avec de simp les mélomanes cette limpide et profonde analyse. Plus encore que l'écoute, elle nous [...]
mar 22/07/2008 à 23:16
Come sta Professore? è da un p o' che non ci sentiamo per le traduzioni in italiano del suo blog. un caro saluto, r [...]
lun 21/07/2008 à 18:38
Les amis, les rencontres, les voyages sont encore bien plus importants que les oeuvres. C ependant j'ai souvent tr [...]
dim 20/07/2008 à 18:43
Je lis le chapitre "Theatrum M entis" de Virus, je m'accroche mais je suis à chaque fin de chapitre de ce livre réc [...]
dim 20/07/2008 à 04:39
Je viens de lire d'une traite un livre que je ne peux que co nseiller aux lecteurs du blog. C'est 2040, La chute de [...]
ven 18/07/2008 à 21:03
"L'homme ne saurait tomber tou t à fait tant qu'il est tenu p ar le travail, cette forte et solide attache au bien". [...]