Musique et drameWagner vu par Bruno LussatoBruno Lussato a été initié aux grands drames wagnériens depuis l'âge de dix-sept ans. Il a eu la chance de recevoir chez lui des artistes mythiques, comme Kirsten Flagstad, Martha Mödl, fréquenté la génération des Max Lorentz, Knappertsbusch et travaillé au Ring avec René Leibowitz. Par la suite, il a suivi de près le "Ring" du centenaire et a entrepris avec l'aide précieuse de François Regnault, (Le dramaturge étroitement associé à Patrice Chéreau) un premier travail de décodage. Continuer à lire "Wagner vu par Bruno Lussato" Introduction*** A propos de Les Anglais n’aiment pas ma musique, mais le bruit qu’elle fait. "Cette boutade de Beethoven nous conduit à nous poser la question : qu'est ce que la musique pour le maître de Bonn? On découvre l'importance de la structure et de la logique de développement, de même que les énigmes qui en découlent. Et aussi, les interférences et les conflits entre la structure et le son tel que l'auditeur l'entend. Comment l'artiste peut-il concilier musique et bruit, organisation et son? Continuer à lire "Introduction" Introduction et discographie.Les sonates pour piano de Mozart posent un problème intéressant. La plupart des grands pianistes négligent les indications de la partition, même authentifiées par le compositeur. Pourquoi? Que vaut-il mieux, une sonate suivant les indications du compositeur et jouée honnêtement ou exécutée d'une manière magistrale mais pleine de contre-sens?
Extrait du blog du 10 mars 2007 Continuer à lire "Introduction et discographie." Vendredi, 20 juin 2008Le journal du 19 juin 2008CHRONIQUE
La leçon d'organisation
Il est venu.
Mon successeur au sein d'une grande compagnie à laquelle je suis attaché par de liens quasi familiaux depuis des décénnies. Je me devais, surtout dans l'état de précarité qui m'affecte, de me trouver un remplaçant aussi vite que possible.Cet homme je le connais depuis longtemps et il est doté d'une intelligence vive et acérée.Il comprend tout au vol! Et puis, un même lien de fidélité pour la firme, nous réunit.
Il est arrivé pratiquement à l'heure (retard dans le train) et s'est excusé de m'avoir fait attendre. On le voit, il n'est pas russe!
Par où commencer?
Par la fin ! J'ai en effet écarté d'emblée la démarche classique que j'abhorre depuis longemps et qui commence par enseigner les bases et les fondements de la méthode avant de passer aux applications. Un des handicaps de cette méthode, est que la connaissance théorique est exhaustive, elle permet de traiter tous les cas, alors que seuls quelques uns s'appliquent à nos préoccupations.
Lorsque j'avais dix ans, je brûlais de jouer du piano dont je ne connaissais que des bribes de notations prises dans le dictionnaire LAROUSSE du XIXe . On me donna une enseignante, Daisy Arbib qui m'installa devant la piano à queue de ma tante, qui occupait un étage inférieur, un piano à queue impressionnant, en acajou comme la bibliothèque où il trônait fièrement. Avant que j'eus pu toucher une touche, elle m'exposa son programme :
Pendant un an tu apprendras le solfège : do-o-o-o , re-e-e-e- etc. L'année suivante rien que des gammes. L'année après des exercices, la quatrième année des études, et enfin tu pourras jouer convenablement des pièces faciles.
La séance d'après, j'étais introuvable ! Je m'étais réfugié dans une poubelle de la terrasse de l'immeuble. Mon père décréta que l'examen était concluant et qu'il était inutile de gaspiller des sous pour un paresseux non motivé. Il me fallut attendre une dizaine d'années pour reprendre le piano, grâce à un appui extérieur.
La même méthode, je l'ai trouvée dans l'enseignement de l'informatique. "Tu dois d'abord, avant de toucher le clavier, connaître la théorie, apprendre les bases de l'achitecture des logiciels, quelques centaines de leçons suffiront pour en saisir les subtilités. Alors, tu seras armé pour commencer à manipuler ton micro. "
Cette option pédagogique, je l'appliquais autrefois, avec pour effet de semer la confusion dans la tête de mes étudiants. Je l'écartai donc pour mon successeur. Je décidai de parler avec lui par les problèmes qui affectaient sa compagnie, sa situation personnelle, tout ce qui perturbait son esprit et suscitait des interrogations sans réponse. Je lui montrai comment aborder le problème et alors seulement, je l'appliquais à d'autres cas pour faire ressortir la théorie.
Continuer à lire "Le journal du 19 juin 2008" Samedi, 29 mars 2008Le journal du 29 mars 2008Chronique The how is the why or Modern man Le comment est le pourquoi de l'homme moderne (Brigdman)
Cet aphorisme illustre d'une manière concise et frappante, la situation dans laquelle baigne notre civilisation occidentale et qui ne fait que s'aggraver. On cotoye les textes de Baudrillard sur les simulacres, de Jaynes sur la civilisation bicamérale, où les cerveau droit , le Why ayant été exorcisé, notamment sous les lumières, la technique pour la technique a pris le dessus, le trou vacant étant remplacé par une entité inconsciente qui nous manipule : le Dieu.
Les ouvrages et les articles sont innombrables qui traitent du sujet. Est-il besoin de les citer?
Qui est deriière cette monstrueuse dérive ? Cest tout simple. Un livre de poésie, un chef'd'oeuvre de Stephan Zweig, exigent une vie de méditation pour être épuisés, pour livrer toute leur quintessence. Qui a à gagner à une telle situation? Cela rapelle les premiers bas de nylon tant vantés dans l'immédiat après guerre pour leur inusabilité. Mauvaise affaire pour les fabricants, car la vente ne générait aucune rente. On affaiblit donc artificiellement leur qualité. Mais ceci n'est qu'un embryon de ce qui devait suivre.
Continuer à lire "Le journal du 29 mars 2008" Lundi, 18 février 2008Le journal du 18 février 2008Chronique A propos des Prospero Books de Peter Greenaway. Je me suis déjà étendu sur le scénario et le film de Sir John Gielgud, (ici le titre nobiliaire est authentique ! ) sur la Tempête de Shakespeare.
Continuer à lire "Le journal du 18 février 2008" Mercredi, 16 janvier 2008Le journal du 16 janvier 2007Chronique Statistiques à mi-janvier J'escomptais un net déclin après le faible nombre de visiteurs pendant les fêtes : étiage le plus bas 1098 au maximum; 934 au 15 Janvier. Mais ainsi que le pensaient des spécialistes des logs, il pensaient que cette chute était normal au moment des emplettes et des vacances. En effet, la moyenne est remontée au dessus de 1000 visiteurs, plus basse néannmoins que pendant les mois d'octobre et de novembre 2008, parmi les plus visités.
Il faut aussi tenir compte de l'irregularité de la publication des billets, dues, on le sait à des péripéties de santé, qui j'espère disparaîtront aux environ d'Avril 2008 et qui n'ont ,vous avez pu le constater, pas sensiblement la richesse ni la variété des billets. J'ai repris la "pêche" et avec elle une certaine férocité qui doit en choqier plus d'un !
La Flûte enchantée revisitée. La lumière en filigrane. Ne disposant plus de la version de Hambourg, j'ai initié à un jeune débutant la flûte à celle de Levine à New York, que j'avais placée au dessous de celle de Horst Stein. Cela a été l'occasion de revoir la première partie et de constater qu'elle montre un aspect tout à fait authentique dans son aspect lumineux et jubilatoire et même supérieur à la version trop noire et cauchemaresque mise en évidence dans les décors d'un sinistre excessif. . Bien, Levine manifeste une joie un peu excessive et des contrastes trop bruyants dans l'ouverture; mais il met en relief la puissance rythmique et dynamique, qui est bien éloignée de la transparence de la partition et sa nostalgie. Continuer à lire "Le journal du 16 janvier 2007" Vendredi, 11 janvier 2008Initiation culturelle pour AlexandreLa dédicace de Faust Une larme succède aux larmes Fragments commentés.
ZUEIGNUNG Ihr naht euch wieder, schwankende Gestalten, Die früh sich einst dem trüben Blik gezeigt. Versuch'ich wohl, euch dies mal festhalten? Fühl' ich mein Herz noch enen Wahn geneigt?
Vous vous rapprochez à nouveau, Figures vacillantes, Qui jadis vous montrèrent à mon regard voilé Dois-je tenter cette fois de vous retenir?
Si je traduits mot à mot, c'est que je pense que la traduction la plus simple est la plus adaptée à la compréhension. En allemand, le son mélodieux porte lui-meme sa propre musique intérieure. Le sens est remarquablement concret. Le poète a abandonné le drame, mais celui-ci travaille en son sein. Le voici solitaire devant sa table et voici que la fantasmagorie fait irruption. Ce ne sont pas des vers bien façonnés, précis, logiques. Non. Ce sont des formes (gestalt) non stabilisées comme une apparition fantômatique flamme hésitante qui se rapprochent et cernent le poète. Le mot vacillant est infiniment plus expressif que le plat hésitant du traducteur.
Ihr drängt euch zu ! nun gut, so mögt ihr walten, ....
Vous insistez, eh bien ! Agissez comme bon vous semble.,
Cette rupture énergique de ton, montre que le poète vient de céder aux pressions de l'inconscient poétique... qui lui redonne une jeunesse perdue :
mon sein vibre d'une émotion juvénile au souffle magique qui environne votre cortège. Mais cette flambée d'enthousiasme renvoie au triste état de celui qui , vieillissant s'est séparé du monde (ce qu'a fait Goethe, se coupant du monde). Ce passage est d'une beauté bouleversante, et revêt un sens tout à fait concrêt pour ceux qui -comme moi- décident d'accueillir à nouveau une nouvelle inspiration. Même géniale elle porte bien des amertumes et des hésitations.
Vous apportez avec vous les images des jours heureux, et maintes ombres chères surgissent; telleune légende à demi-oubliée, le premier amour; la première amitié, renaît avec vous Le texte en allemand est splendide :
Ihr bringt mit euch die Bilder froher Tage Un manche liebe Schatten steigen auf; Les images qui suivent sont déchirantes dans l'originalité de leurs associations.
La douleur devient neuve, la plainte renouvelle votre course labyrinthique de la vie et nomme les gens de bien qui frustrés de belles heures par leur infortune, ont avant moi disparu. Ce sentiment décrit à la perfection la tristesse des gens âgés et seuls, dépourvu de famille et dont les amis familiers ont disparu fauchés par l'âge et le malheur. Le poignant constat se relie à la solitude du poète privé de son auditoire.
Elles n'entendront pas les chants qui suivent, les âmes à qui je chantai les premiers; dissipée la foule amicale; éteint hélas ! le premier écho. Ma peine résonne pour la foule inconnue, son ovation même inquiète mon coeur, et ce qui jadis fut charmé par mon chant erre, s'il vit encore, dispersé et détruit dans le monde. La conclusion est géniale et inattendue. L'instinct, les émotions, l'affectivité, la douleur et la solitude font irruption dans les associations désolées qui envahissent les vers précédents :
Et je suis pris d'un désir depuis longtemps oublié de ce silencieux, grave empire des esprits. Les sons incertains de mon chant chuchoté fottent désormais pareils à la harpe d'Eole. L'émotion s'intensifie et débouche sur une tristesse indicible, on est loin du stéréotype du drame allégorique et sechement érudit
Un frisson me saisit, une larme suit les larmes, le coeur fort et dur, se sent mollir, attendrir L'apogée tient dans les deux derniers vers qui synthétisent d'une manière juste et impressionnante, l'état même de l'esprit créateur:
Ce que je possède , je le vois comme au loin, et ce qui fut aboli, devient pour moi réalité. Cette prise de distance par rapport aux événements contingents, et aux données matérielles, et l'appartion concrète de ce qui vient du lointain et qui vous hante, constitue l'essence de l'état créateur. Ces deux vers contiennent plus de substance que tous les séminaires de créativité !
Note : contrairement à la loi du blog, il n'ay a pas de "continuer", tout est donné d'une pièce. C'est que j'ai répugneé à présenter saucissonné l'apogée de ce blog, qui exige continuité, respect, concentration. Ceux qui n'apprécient pas, doivent savoir qu'ils se trouvent dans le cas général, l'oeuvre a été même ciritiquée par des critiques litteraires, incapables d'adopter le point de vue original. C'est pourquoi Goethe interdit la publication de son vivant de Faust II? Il prévoyait la réaction et se refusa à écouter les sottises de ses contemporains. Jeudi, 10 janvier 2008Initiation culturelle pour Alex.Faust, la dédicace I Les larmes succèdent aux larmes
Avec le Ring de Richard Wagner, Faust est sans doute l'oeuvre la plus élaborée que nous connaissions. Il lui coûta plus de soixante ans de travail (contre vingt sept ans pour la Tétralogie) d'incessants remaniements témoignent de la lutte entre sa raison, et son inspiration. Faust est composé de deux parties : Tragödie Erster Teil terminée par l'épisode romanesque de Marguerite; et Tragödie Zweiter Teil. Lorsque Goethe reprit la composition de la deuxième partie, il avait soixante dix huit ans. Il l'acheva un peu avant 1832, à la veille de ses quatre vingt trois ans. Cinq ans d'une extrême concentration, d'un travail distillé avec une minutie infinie, fut précédé par un pivot publié dans la dédicace, la scène sur le théâtre et au ciel( le pacte avec le diable). la première : Dédicace est empreinte d'une poignante nostalgie des jours passés. Aucun texte sur le net; ne rend compte de la déception de Goethe de voir rejetée sa demande en mariage par une jeune fille dont il était amoureux et qui aurait pu être sa petite fille. On lui fit compris qu'il était un grand génie universel mais que son parcours sexuel et sentimental était terminé. Il devait avoir à peu-près mon âge et son choc venait de l'image biologique intérieure que lui renvoyait son coeur. Son corps était celui d'un jeune homme, et son esprit d'une vigueur incomparable, mais il avait perdu l'habitude de lire son visage! Il s'ensuivit une dépression, que l'esprit qui l'animait, lui permit de surmonter. Deux ans plus tard, à soixante dix-huit ans, ses forces spirituelles et mentales décuplèrent. En cinq ans, il édifia un monument, laissant loin derrière lui tout ce qui avait été écrit avant et ailleurs. La complexité était telle, que nul ne fut capable de l'apprécier, et le Faust II fut stupidement ensevelé sous le stéréotype d'une oeuvre froide, dépourvue de passion, abstraite, destinée à des érudits. Marina Fédier et moi, passames bien des nuits à sélectionner un passage et à le commenter, ce fut un émerveillement constant, mais au bout de combien d'échanges entre nous!
Continuer à lire "Initiation culturelle pour Alex. " Le journal du 10 janvier 2008Chronique La flûte et le carillon Hier j'ai vécu l'expérience d'immersion globale la plus révélatrice de ma vie. Pour en apprécier le sens je suggère à l'internaute la lecture (ou la relecture) de mon analyse de l'oeuvre dans le billet : la mort en filigrane, révisé (notes brunes).
Cela commença très mal. Le jeune homme dont je suis le mentor, de retard en retard, me fit attendre de 3 heures à 20 heures, avant de se rendre disponible pour la flûte. Moi et le pauvre Darek qui avait sacrifié toute sa journée pour attendre patiemment derrière les manoeuvres de l'HQD (la chaîne Marc Levinson). Tout cela pour apprendre qu'il voulait profiter du jet de son père pour rentrer, et qu'il ne voulait pas le manquer. Totalement inculte musicalement, il apprit avec effarement que la version de référence, dure 3heures et demi. Et sans entre actes sans diner; sans un moment pour se détendre. Une expérience que je n'ai moi-même jamais osé tenter, surtout assis sur les fauteuils inconfortables de mon auditorium. - Si vous voulez, on remet cela à demain, on aura le temps. - On remettra l'audition ni à demain, ni après demain, ni jamais! - Mais mon frère veut vous souhaiter ses voeux et vous apporter quelques cadeaux. - Il aime la musique? - Je... Je ne crois pas. - Qu'il vienne me voir, lui, un autre jour. Je ne veux pas perdre plus de deux minutes. - Il parlemente affreusement gêné. - Ne partez pas avec lui, ni avec quiconque, jet ou pas jet. Nous nous sommes préparés à vous présenter Mozart, on ne remettra pas, ici c'est Mozart qui compte. - Il parlemente, puis finit par se décider. : Bon j'accepte, je reste. - N'oubliez-pas qu'il n'a jamais vu un opéra, ni peut-être un concert, et qu'il prend un risque diplomatique. De plus il est ereinté, changeant sans cesse d'aéroport tout au long de la journée. Il a sacrifié des discussions très importantes avec son père, président d'une des compagnies. De quoi se faire mal voir! Cela implique une confiance totale que je me demande comment mériter.
Continuer à lire "Le journal du 10 janvier 2008" Mardi, 8 janvier 2008Le journal du 7 janvier 2008La nuit étoilée, deux séances mémorables La manifestation des Capucins. J'ai particulièrement affectionné cette oeuvre d'une subtilité, d'une poésie, d'un raffinement qui vont de par avec une originalité frappante.J'eus l'idée de réunir dans mon auditorium, autour de quelques amateurs, trois personnalités : un spécialiste de Van Gogh qui commenta le tableau agrandi, le Pr. Luminet, grand spécialiste des trous noirs, venu avec des films impressionnants et le Maître Henri Dutilleux qui aima beaucoup l'environnement enthousiaste et recueilli. La seconde manifestation se déroula sous de mauvais auspices car on venait de dévaliser au cours d'un hold up sanglant la quali totalité de ma collection d'instrument d'écritures la toute première au monde.
On rendit hommage au maître et à l'oeuvre par l'affectation de l'auditorium à la Nuit Etoilée. La grande poetesse Claudine Helft composa un poème à ce propos, merveilleusement calligraphié en bleu sur fond translucide, par Claude Médiavilla, qui fit également le pupitre de méditation, et demanda à un grand glyptologue et calligraphe sur pierre, de réaliser le pupitre lui-même, marqué HD.
Malheureusement les nécessités d'une insonorisation totale (pour éviter un procès avec l'habitant du premier, une avocate! porta atteinte à l'acoustique. On dut compenser par un réglage très rigoureux des Hartley-Quad-Decca et des gigantesque HP de basse, et l'électronique réalisée par un génie de l'electronique, Mark Levinson; l'insuffisance de réverbération. Henri Dutilleux fut un peu déçu par rapport à l'audition dans mon premier auditorium.
Continuer à lire "Le journal du 7 janvier 2008" Samedi, 5 janvier 2008Eclats de FaustECLATS DE FAUST Commentaires récents
La séquence 220 de L'Entretien
J'ai choisi des anciens billets propos de Faust en me contentant de les utiliser pour étudier trois aspects du génie dramaturgique de Goethe et pour illustrer la traduction catastrophique qui désinforme gravement le texte.
Le premier billet nous ramène au début de l'oeuvre. Non seulement elle pétille d'ironie, mais de surcroït elle pose le grand projet du monument.
On peut également citer L'Ascension et la chute de la ville de Mahoganny de Bertolt Brecht, où l'on voit Dieu menacer les impies des feux de l'enfer. Ces derniers lui répondent : l'enfer, on l'a déjà. Continuer à lire "Eclats de Faust" Vendredi, 4 janvier 2008Le journal du 4 janvier 2008Chronique Survols
(La Tempête, Shakespeare)
Je ne sais exactement ce que j'ai commandé par le Net, sous le titre de Prospero's Books : un DVD si j'ai de la chance, ou un simple bouquin ?...
L'oeuvre de Greenaway l'auteur de Meurtre dans un jardin anglais (on déteste où on adore) ose s'attaquer de la manière la plus perturbante qui soit à l'oeuvre ultime du plus grand dramaturge de tous les temps. Avant de l'aborder, esquissons le scénario original en en faisant ressortir les similitudes avec la flûte de Mozart.
1. Place dans la chronologie : tout à la fin de la production, ce caractère tardif se ressent nettement.Le lieu est imaginaire et féériste, sans qu'il soit impossible de l'identifier. Désert de sable dans un cas, île rocheuse et aride dans l'autre.
2. Personnages orientés Yin-Yang. La polarité bien-mal et le triomphe du bien sont similaires. Prospero comme Sarastro prêchent les lumières, le pardon, la tolérance. Les héros amoureux sont Yin (Pamina, Miranda) ou Yang ( Ferdinand). Sous l'influence du maître Prospero (ou Sarastro) ils aspireront après des épreuves pseudo maçonniques à l'unité et à l'harmonie.
3. Identité cosmogonique. Dans les deux cas un objet magique attribue le pouvoir : une flûte provenant de Sarastro, le cercle zodiacal hérité de Zoroastre. Ces deux talismans sont confiés en dépôt à un sage dans le premier cas, le père et mentor de l'héroïne, dans le second à une pupille fille de Zoroastre.
4. Les traitres. Car il n'en manque pas dans la Tempête. Cela va de la brute scélérate livrée à ses instincts les plus barbares (Caliban, personnage politiquement incorrect) au propre frère de Prospero, roi de Milan : Antonio qui le condamne à mort, lui et sa fille. Sans compter toute la racaille (Trinculo l'ivrogne et les courtisans félons) et Sebastien qu'il pousse à assassiner son frère, roi de Naples.Sous ce point de vue; Shakespeare en campant Caliban, se montre tout à fait indifférent au mythe du "bon sauvage" qui connait une nouvelle vogue comme segment du pôle sémantique Médusa
5. Bien que la fin de la mission de Prospero et des Sarastro soit orientée ver la réconciliation et le pardon (Papageno et Papagena) il y a des tâches impossibles. (Monostatos) Le pire dans l'abjection est Antonio qui demeure aussi cynique qu'auparavant et Trinculo le plebéien, brute ignoble. Caliban est au moins capable de ressentir la nature et la beauté des lieux enchantés. Néanmoins, contrairement à la Tempête où tous sont pardonnés, La Reine de la Nuit, Monostatos, les servantes de la Reine, sont confondus et précipités dans l'orchestre.Morart est plus sévère que Shakespeare.
Continuer à lire "Le journal du 4 janvier 2008" Jeudi, 3 janvier 2008Initiation culturelle pour Alexandre.La mort en filigrane Révision du 10 janvier 2008
La version que j'ai choisie en référence, vient de paraître. Bien que sa distribution n'ait pas le prestige de celle de Ponnelle à Salzburg, de Levine, au MET, ou encore celle d'Ingmar Bergman, en suédois, elle présente une réalisation équilibrée, fusionnant à merveille les différents aspects de l'opéra, de l'operette populaire aux formes les plus sublimes et les plus impressionnantes de dramaturgie. C'est faux : la partie lumineuse, ludique féérique est déformée dans un sens cauchemardesque, il y a par exemple deux monstres, les charmants nounours et tigrons qui dansent au son de la flûte, sont des figures de cauchemar difficile à supporter, et d'un style qui a bien pris de rides car alors il était à la mode et passait pour contemporain.
Il est indispensable de la voir et de la revoir pour qui voudra comprendre ce billet. Il s'adresse à des connaisseurs très cultivés en dépit de ses souvenirs d'enfance. Les autres pourront se faire une mince idée de la subtilité presque machiavélique du compositeur; cachée sous une fausse simplicité. Auparavant je tenterai un bref survol des versions les plus célèbres et de la différence de leur esthétique. Ajoutons que les chanteurs étaient accomplis et célèbres en 1971 et que Horst Stein est un excellent kapellmeister traditionnel. Lieberman était au mieux de ses talents de producteur. Malheureusement la pâte un peu grossière des nuances est contraire à la texture diaphane, féérique et irréelle qui fait le mystère du son orchestral et vocal de la Flûte.
LEVINE. MET, New York. Un pur enchantement qui grâce à l'imagination picturale de David Hockney évoque pour les amateurs d'art contemporain et pour les enfants, un monde magique et inquiétant de cryptes et de hiéroglyphes. Levine hilare comme une baleine, infuse la pêche aux musiciens. Je ne pense pas que dans quelques années les compositions picturales de Hockney se démodent. Il y a toute la différence entre un acteur majeur del'Art contemporain et un décorateur parisien à la mode. Les défauts résident dans les qualités. L'Ouverture montre un pot-pourri pictural des symboles les plus mystérieux de l'Opéra et les thèmes pictureaux fusent comme la double fugue de la musique tantôt jubilatoire, tantôt franchement inquiétante. Je passerai sur les licences politiquement correctes qui polluent l'équilibre Yin (noir, mal, féminin) Yang (blanc, bien, masculin)pour échapper à l'accusation de racisme, la blanche colombe Pamina, devient noire et le méchant noir Monostatos, devient un "homme de couleur différente".
Continuer à lire "Initiation culturelle pour Alexandre. " Le journal du 3 janvier 2008Chronique Le nouveau "joke" de Richard Prince Un médecin de famille, vient d'apprendre que son cousin vient d'être admis à l'hôpital à la suite d'un accident et lui remonte le moral. .
Clôture russe.
Reportons-nous aux différentes moutures de Montagnes russes et lisons l'interprétation correcte. Non, c'est Setchine, l'autre est la femme de ménage de Setchine. Ils se maneuvrent tous d'eux. . Non il n'est pas en bons termes avec Poutine, ils se détestent. Setchine tient tout l'appareil policier, militaire, administratif des vétérans de l'ex KGB. C'est une force incontournable mais sans projet et dont le but est pouvoir et argent. Mais rêvant à la gloire passée de la Russie concrétisée par l'énergie.
Entre Setchine et du KGB et Medvedev. Le premier obéit au noeud sémantique Force de la terre régressif et autel, le second à Matrix. Non. Le premier recherche l'argent et la grandeur de la Russie à condition qu'ils coïncident. Le second l'argent et l'argent, avec une touche libérale. Medvedev est moins dangereux que l'autre pour un Poutine à moins qu'il se crée une alliance avec Setchine, auquel cas on verra mordre l'ancien président. L'alliance entre Setchine et Medvedev est instable. Poutine est le plus fort.
FRIEDMANN Essaye de compenser son inculture. Il a déjà compensé, plus riche que Bill Gates.
Faux raisonnement. Putine croît qu'il conservera le pouvoir il le gardera.En dépit de ses lacunes (mais n'oublions pas de quelle situation il a hérité) c'était l'homme de la situation : ordre, fermeté, équilibre entre les factions). Il lui reste à accomplir toutes les réformes essentielles. Au moindre faux pas de ses adversaires il sortira du bois. Il pense donc conserver toutes les cartes de la popularité et le contrôle efficace. La politique de l'Europe. Continuer à lire "Le journal du 3 janvier 2008"
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Autant les jugements dictés par une partition abstraite ou purement musicale sont relativement stables, autant ceux qui concernent les mises en scène et les interprétations résonant avec des connotations subjectives, sont sujettes à discussion. Il en est ainsi du jugement que j'ai émis le 3 janvier 2008. Je procède ici à des rectifications, les unes objectives, touchant l'oeuvre elle-même, les autres plus subjectives. 

Journal du 4 juillet 2008
Commentaires
mar 19/08/2008 à 17:45
Quelqu'un aurait-il des nouvel les de l'état de santé du Prof esseur? Je commence à m'inquié ter un peu devant la dur [...]
jeu 31/07/2008 à 15:49
Merci de partager avec de simp les mélomanes cette limpide et profonde analyse. Plus encore que l'écoute, elle nous [...]
mar 22/07/2008 à 23:16
Come sta Professore? è da un p o' che non ci sentiamo per le traduzioni in italiano del suo blog. un caro saluto, r [...]
lun 21/07/2008 à 18:38
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dim 20/07/2008 à 04:39
Je viens de lire d'une traite un livre que je ne peux que co nseiller aux lecteurs du blog. C'est 2040, La chute de [...]
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"L'homme ne saurait tomber tou t à fait tant qu'il est tenu p ar le travail, cette forte et solide attache au bien". [...]