Mercredi, 25 juin 2008
CHRONIQUE
Le nageur imprudent
On peut dans une certaine mesure considérer ce billet comme un commentaire du précédent. Un nageur qui prend des risques non calculés, pour s'agiter dans tous sens quand le danger se fait sentir et qui en accélère l'apparition par des réactions de panique, est un individu qui au lieu d'abaisser la température trop élevée, l'augmente en y ajoutant celle provoquée par son chaos personnel.
NOTE AU LECTEUR
Chers amis une mauvaise nouvelle.Demain à 7h30 je suis convoqué à Cochin pour des examens approfondis sous anesthésie générale. Ce que nous craignons tous ce sont les effets de l'anésthésie sur mon comportement cérébral et on compte sur moi pour compenser les nouveaux troubles. Quand sortirai-je de l'hôpital ? Peut être deux jours après ou plus, mais dans dans un état de probable de forte confusion mentale, alors que j'ai des rendez-vous d'une importance vitale pour ma profession. Je prends tout cela comme un défi à surmonter et je garde bon moral. A bientôt, sans doute une petite pensée de nombreux d'entre- vous peut , parait-il , plus salutaire qu'il n'y parait. Le blog me manquera !
Votre affectionné Bruno Lussato.
Mardi, 24 juin 2008
CHRONIQUE
Canicules
Les grandes métropoles ont chaud, bien d'autres sites aussi, à commencer par la Provence. Certes, pour ceux qui peuvent se le permettre il y a l'air conditionné. Mais dès qu'on l'arrête, la chaleur revient, pire qu'avant. Par ailleurs il est inefficace pour les appartements où les murs des voisins gardent la chaleur. Ce n'est que dans de grands établissements:hôtels, bureaux, administrations, que tout l'environnement est air conditionné. et puis, à l'exemple des Américains, l'intérieur est réfrigéré alors que l'extérieur est une fournaise. De quoi attraper la crève, sans compter les germes véhiculés par des tuyaux mal entretenu, véritables nids à poussière et à germes.
Hier j'ai voulu visiter l'exposition de Hokusai au musée Guimet. Elle se trouve au sous-sol et elle est assez exiguë. A la caisse on m'a vivement dissuadé d'y pénétrer. L'air y est irrespirable à cause de la chaleur véhiculée par les visiteurs trop nombreux, et vers la fin, ils laissent dernière leur passage eux une véritable étuve. Le seul remède : y aller à dix heures, dès l'ouverture. Derrière moi, un bruit de sirène, le SAMU. Un des visiteurs vient d'avoir une attaque. Ainsi périodiquement on doit véhiculer d'urgence des imprudents qui affrontent la canicule interne plutôt que de se sauver, pour ne pas perdre le bénéfice de la queue interminable et le montant de leur billet.
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Lundi, 23 juin 2008
CHRONIQUE
Grandes promesses et petites vexations
Le milieu professionnel et même amical (c'est moins vrai pour une vraie famille) est plein de gens puissants, comme d'agents d'influence qui se disent vos obligés et qui vous promettent, qui une recommandation auprès d'un personnage influent ou utile ( un bon dentiste, le fonctionnaire qui déverouillera votre dossier, un électricien ou un plombier) qui, leur appui en cas de pépin grave : "je serai toujours là dans l'adversité". Si vous avez quelque argent, il se feront inviter dans un restaurant réputé, car ce sont généralement des amateurs de vins fin et de cuisine délicate. S'ils se piquent de culture, c'est chez Lipp qu'ils se feront inviter, ou encore qu'ils vous inviteront, pour s'apercevois qu'ils ont oublié leur portefeuille. Il est facile de les voir , allez à midi dans un restaurant huppé, ils sont là, escrocs et parasites, avec leur victime. Relisez aussi (je suis poli car vous ne l'avez sans doute pas lu) Les Facheux de Molière, ou Volpone.
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Dimanche, 22 juin 2008
CHRONIQUE
Boucs émissaires
Bien sûr, c'est toujours la faute à l'autre ! Mais il y a des degrés dans l'impudeur, le culot et la mauvaise foi. Et notre pays, celui des chasseurs de sorcières et de la révolution, successeur fécond de l'inquisition, y est particulièrement prédestiné. La crise s'aggrave dans les temps de crise grave et accentue ses effets. C'est ce que je vois autour de moi. Et pourtant les scénarios catastrophe, ni même récession grave, ne font que commencer. Que sera-ce plus tard, lorsque les revendications actuelles sur le pouvoir d'achat ressembleront à des caprices d'enfant? Nous sommes en France, où on procède par crises, et la violence s'en mêle, non contenue par un pouvoir réellement fort qui impose au lieu d'essayer de calmer et de négocier au coup par coup. C'est un De Gaulle (celui de l'appel) qui nous manque. Le président Sarkozy le comprendra-t-il? Il y a des signes qui vont dans le bons sens, mais est-ce suffisant?
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CHRONIQUE
Une promenade au Musée Guimet
Elle s'impose. En ce moment il y a une exposition des oeuvres, estampes et dessins, du plus prodigieux génie que le Japon ait enfanté. Le dessinateur fou de son art, mort dans la misère à l'âge de 95 ans, pauvre moineau déplumé, vieillard déchu... Mais il y a aussi bien des chefs-d-oeuvre des colections permanentes qui méritent le détour : sans compter la statuaire khmère, trois statues japonaises de sages et bienheureux, la collection Granddidier de porcelaines, le paravent d'Ogata Korin...
Mais quelqu'un a été oublié ainsi que son oeuvre majeure, et ne figure dans aucun guide, il n'est même pas honoré par une mention. C'est l'architecte qui a refait le vieux musée sombre et poussiéreux en un miracle d'équilibre, de noblesse, d'imagination, d'emploi des couleurs et des matières. Les éclairages sontparticulièrement étudiés. Par exemple les vitrines ne sont pas éclairées par de multiples spots. Elles sont surmonées d'un voile translucide, et c'est lui qui reçoit les rayons d'un fort projecteur. La lumière ainsi diffuse, montre, sans ombres, l'objet également éclairé de toutes parts, sans ombres ni reflets.
Lorsqu'ils y vont mes amis emportent un coolpix (une caméra c'est trop voyant) en essayant d'échapper à la vigilance maussade des cerbères. Ils ne sont pasà pour vous aider, mais pour appliquer le règlement, un point c'est tout.
Oui, allez en vitesse au Guimet. (Place d'Iena)
Pour ceux qui veulent emporter avec eux un objet de qualité, continuez le billet.
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Vendredi, 20 juin 2008
CHRONIQUE
Glisser
J'ai appris à l'höpital une technique qui m'assure un sommeil profond et réparateur. Mes horaires sont certes exotiques : je dors à 10 heures et me réveille très tôt, mais je pense que minuit ferait aussi bien l'affaire, et je songe aux milliers d'insomniaques dont j'étais. Pourquoi ne pas vous donner la recette? Plus de calmants ni de narcotiques. Vous jetez à la poubelle Xanax et stillnox.
Le mot"glisser" est de mon cru. C'est un état second qui s'apparente à une espèce d'anesthésie de l'esprit. Pour l'atteindre vous essayez de chasser de votre esprit toute perturbation et de votre corps toute activité excitante (soirée bien arrosée, travail très prenant, manifestations bruyantes et danses agitées). A l'heure dite, aussitôt que possible, vous vous allongez sous la couette, bien horizontal, pieds nus et vous éteignez la lumière. Il est indispensable alors de vous concentrer sur des utopies agréables : la lamborghini qui attire l'admiration des jolies femmes, le chinchilla et le passage chez Alexandre, le spécialiste de soins de beauté, chez les hommes pour les beaux mecs. Et bien entendu, tout cela dans votre maison pieds dans l'eau sur la Côte, le voilier somptueux, ou encore la croisière de rêve aux Caraïbes. Moi, je me vois animer un centre culturel, en train de trouver des objets précieux pour l'enrichir, où plus prosaïquement me pavaner dans un manteau de vigogne de chez Hermès.
Sans que sachez trop comment, vous êtes partis. Comme si on vous avait appliqué sur le museau un tampon de chloroforme.
Plus tard, au milieu de la nuit, vous pouvez ressentir le désir de passer à la toilette, d'achever ou de continuer un travail artisanal que vous avez commencé et qui progresse doucement, par étapes, ou simplement vous avez faim. Vous accomplissez sans nervosité ces occupations, vous vous remettez au lit, et immédiatement vous replongez dans cet état second, c'est à dire que vous vous laissez glisser dans cetteamnésie bienheureuse. Le lendemain, en vous réveillant vous n'avez gardé de ces interruptions que des souvenirs très flou, comme d'un rêve dont on se souvient à peine et qui s'évanouit aussitôt. D'une certaine façon on peut dire que vous êtes somnambule. Ainsi j'ai retiré de mon coffre tous mes contrats et je ne sais où ils sont passés. Trop bien classés peut-être.A la cuisine, je trouve des trousseaux de clés étalés dans tous les sens. Qui les a mis là? Je ne sais, sinon moi pendant la nuit. Pis encore, au milieu de la nuit je confonds ma chambre d'hôpital et celle de mon appartement, et cherche le placard de l'une dans celle de l'autre!
Mais ces handicaps ne vous affecteront sûrement pas, car vous n'avez pas un caillot de sang qui se balade dans le cerveau, provoquant des amnésies profondes. Je suis sûr que vous n'en retiendrez que les côtés positifs : un sommeil réparateur, un lit douillet et un matin dispos. Attention, il ne faut pas dépasser minuit pour vous coucher et ne prendre ni sédatifs, ni excitants.
Essayez, cela en vaut la peine. Envoyez-moi par mail (blussato@wanadoo.fr) le résultat de vos expériences.
CHRONIQUE
La leçon d'organisation
Il est venu.
Mon successeur au sein d'une grande compagnie à laquelle je suis attaché par de liens quasi familiaux depuis des décénnies. Je me devais, surtout dans l'état de précarité qui m'affecte, de me trouver un remplaçant aussi vite que possible.Cet homme je le connais depuis longtemps et il est doté d'une intelligence vive et acérée.Il comprend tout au vol! Et puis, un même lien de fidélité pour la firme, nous réunit.
Il est arrivé pratiquement à l'heure (retard dans le train) et s'est excusé de m'avoir fait attendre. On le voit, il n'est pas russe!
Par où commencer?
Par la fin !
J'ai en effet écarté d'emblée la démarche classique que j'abhorre depuis longemps et qui commence par enseigner les bases et les fondements de la méthode avant de passer aux applications. Un des handicaps de cette méthode, est que la connaissance théorique est exhaustive, elle permet de traiter tous les cas, alors que seuls quelques uns s'appliquent à nos préoccupations.
Lorsque j'avais dix ans, je brûlais de jouer du piano dont je ne connaissais que des bribes de notations prises dans le dictionnaire LAROUSSE du XIXe . On me donna une enseignante, Daisy Arbib qui m'installa devant la piano à queue de ma tante, qui occupait un étage inférieur, un piano à queue impressionnant, en acajou comme la bibliothèque où il trônait fièrement. Avant que j'eus pu toucher une touche, elle m'exposa son programme :
Pendant un an tu apprendras le solfège : do-o-o-o , re-e-e-e- etc. L'année suivante rien que des gammes. L'année après des exercices, la quatrième année des études, et enfin tu pourras jouer convenablement des pièces faciles.
La séance d'après, j'étais introuvable ! Je m'étais réfugié dans une poubelle de la terrasse de l'immeuble. Mon père décréta que l'examen était concluant et qu'il était inutile de gaspiller des sous pour un paresseux non motivé. Il me fallut attendre une dizaine d'années pour reprendre le piano, grâce à un appui extérieur.
La même méthode, je l'ai trouvée dans l'enseignement de l'informatique. "Tu dois d'abord, avant de toucher le clavier, connaître la théorie, apprendre les bases de l'achitecture des logiciels, quelques centaines de leçons suffiront pour en saisir les subtilités. Alors, tu seras armé pour commencer à manipuler ton micro. "
Cette option pédagogique, je l'appliquais autrefois, avec pour effet de semer la confusion dans la tête de mes étudiants. Je l'écartai donc pour mon successeur. Je décidai de parler avec lui par les problèmes qui affectaient sa compagnie, sa situation personnelle, tout ce qui perturbait son esprit et suscitait des interrogations sans réponse. Je lui montrai comment aborder le problème et alors seulement, je l'appliquais à d'autres cas pour faire ressortir la théorie.
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Jeudi, 19 juin 2008
CHRONIQUE
Organisation, organisations
Mes chers amis,
ainsi que je vous l'avais annoncé, j'étais parti pour une simple perfusion. Hélas, ils ont trouvé quelque chose de plus sérieux mettant en jeu mon cerveau et ils craignaient - entre autres - que je fasse des bêtises. Vous savez, il est difficile de vivre sans repères temporels. Mais enfin, je suis parvenu à leur faire faux bond, pour ne pas manquer mon rendez-vous avec un brillant informaticien que je forme comme mon successeur. J'espère que je n'aurai pas à retourner dans cet hôpital où - à part la cuisine - je me trouve très bien et entouré de prévenances de toutes sortes.
Mon cours traite de l'organisation dans les organisations.
L'organisation est la discipline nommée en Amérique Efficiency Science et dont le but est de faire plus avec moins. Supprimer les tâches inutiles - dont bien des gadgets electroniques dans les voitures ou la gestion des stocks - est son but et suscite bien des réactions de la part de gens qui me disent : et nous, comment on va gagner notre pain?
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Lundi, 16 juin 2008
NOTE AU LECTEUR
Moyennes misères quotidiennes
Demain et après-demain je devrais vous faire faux bond. Je suis convoqué à l'improviste deux jours à l'hôpital pour des transfusions. Je ne pourrai évidemment pas prendre mon ordinateur avec moi. Patience. J'ai pris l'habitude de ce rite indispensable pour garder ma forme. Je me rattraperai en rentrant. Vous avez d'ici là pas mal de matière à méditation. Vous me manquerez. A bientôt
votre Bruno L
Il est 9h45 et je ne sais comment gagner l'hôpital. Il est tout simplement impossible de trouver un taxi pour de multiples raisons. C'est Paris.J'en suis réduit à attendre que l'on m'envoie un véhicule sanitaire léger.
Par ailleurs j'ai ressenti avec beaucoup de joie que j'avais eu raison de faire totalement confiance à ceux que j'aime bien.Les déceptions que j'avais éprouvées un temps se sont dissipées . On a toujours tendance à faire de la paranoia et voir le mal où il n'est pas. Ainsi se manipule-t-on soi-même.C'est le contraire de l'utopie où on idéalise des propos anodins, des formules de politesse que l'on prend à la lettre.
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Dimanche, 15 juin 2008
CHRONIQUE
Petites misères quotidiennes
Elles ne sont généralement pas graves, mais elles vous pourrissent généralement la vie, bien plus que de grands malheurs qui souvent vous obligent à réagir ou à comprendre. On en sort grandis ou détruits. Mais des tracasseries quotidiennes : le plombier qui vous fait faux bond, la carte verte dont vous attendez depuis des mois la ré-actualisation et en cas d'urgence, la palme revenant à l'Etat " écrivez et on vous répondra ", on ne s'en tire que rapetissés, médiocrisés, exaspérés ou pire, résignés et abrutis.
Si on essaie de classer nos misères, on peut utiliser le diagramme hexagonal HUMELD correspondant aux échelles primaires qui génèrent nos valeurs et dont le cocktail forme notre profil de jugement.
H signifie Hédonique. C'est l'échelle génératrice plaisir - peine. c'est celle que tout être conscient privilégie. On recherche comme le bébé le plaisir et on braille lorsqu'on a bobo. L'enfant n'est sensible qu'à cette échelle. Il n'y a pas que les jousseurs et les bons vivants à tout focaliser sur cette échelle. Nombreux sont ceux qui font des bassesses, voire commetre des crimes pour atteindre la plaisir : sexe, bonne chère, villa sur la Côte d'azur ou Yatch de 30 mètres.
H- , l'évitement de la peine, est encore plus répandu : la fraise du dentiste, une crampe au mollet, une crise de calculs rénaux,, autant de souffrances intolérables qui relèguent à l'arrière plan les autres misères quotidiennes.
U est l'échelle d'Utilité, c'est à dire la prise en compte des conséquences d'un acte.Le bébé apprend que s'il se gave trop de chocolats délicieux aujourd'hui, il aura bobo demain, et que ce bobo est plus douloureux que le plaisir pris aujourd'hui. Aussi curieux que cela paraisse, voici une attitude courante chez les grands patrons. Il président avec déléctation des réunions interminables, où les courtisans essaient de ne pas bailler, alors que ceux-ci feraient mieux d'être à leur travail parmi des travailleurs qui font la prospérité de l'entreprise.
M, est le besoin de partager ce que l'on a avec autrui. La générosité, le prêche,la formation, font partie de M. On se heurte à deux options : le don est échelonné et des priorités sont établies, (La France ne peut recevoir toute la misère du monde, disait Michel Rocard). Par exemple : la famille d'abord, puis les amis, puis le clan, puis le monde tout entier, la seconde option est de donner plus à moins de gens.Seul Jesus Christ a donné tout ce qu'il avait au monde tout entier.
E, pour esthétique, est l'importance accordée à la beauté, à l'harmonie des formes et des couleurs, E - étant l'horreur du mauvais goût.
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CHRONIQUE
Des goûts et des couleurs
Tous croient l'avoir.
Le goût.
Surtout ceux qui n'en n'ont pas et qui justifient leur choix les plus kitsch par la phrase-bateau : des cadeau : des goûts et des couleurs...
Certes il y a des gens qui de manière innée ont le sens des proportions, de l'harmonie, de la distinction, du raffinement, bref tout ce qui permet de séparer le goût de la barbarie. Mais des connaissances sans cesse approfondies sont nécessaires pour développer cette aptitude qui se cultive comme une rose au lieu de proliférer comme du chiendent, cas de la barbarie. Fuyons l'ignorance glorieuse. Ignorants et fiers de l'être! N'en connaissez-vous pas dans votre entourage.
Le goût s'affine et se développe au contact des musées, des châteaux, du grand patrimoine qui nous été légué par des maîtres. Un exemple :le musée Guimet, qui abrite des laques et des netzuke, des porcelaines et des paravents destinés à embellir la vie, mais où l'artisanat confine le génie créateur. Au musée Guimet visitez (s'il est exposé) le chef d'oeuvre des grands parmi les plus grands, Ogata Korin, destiné au plaisir des yeux, mais allant aussi loin qu'un chef d'oeuvre de la statuaire grecque.
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Samedi, 14 juin 2008
CHRONIQUE
L'oeil de l'argus
Qui n'a rêvé, tel Asmodée, de soulever le toit des maisons, de s'infiltrer par les fenêtres, afin de surprendre tel un voleur les petits secrets, les pensées les plus mesquines, voire l'image d'un couple amoureux qui se croit éternel mais est souvent voué au divorce doux voire haineux?
Hé bien, qu'on se rassure. Le rêve est réalisé. Nous sommes traqués à notre insu par d'invisibles micros, capteurs de fréquences, caméras dissimulées ou pas qui font que le concept d'intimité a disparu.
Fort bien.
Mais ces myriades d'images n'ont aucun sens tant qu'elle ne sont pas structurées, mises en ordre par un dispositif, qui à partir d'une recherche informatique les regroupe, puis les projette en une carte synthétique et sans cesse en évolution. La technique qui permet de construire ces "chambres de contrôle" futuristes, existe.
Elle comprend trois étapes :le software, qui structure l'information en fonction de notre recherche, le graphware, qui dresse une carte immédiatement assimilable par les décideurs, le hardware ou matériel nécessaire pour projeter les images. Cela peut être un ordinateur dédié ou plus simplement le travail manuel d'un cartographe.
La plupart du temps, ce que nous projette la chambre de contrôle est neutre et dépasse de loin ce que nous lui avons demandé. Il s'ensuit qu'une control room peut nous réserver des surprises désagréables qui nous pousse à changer nos stéréotypes. C'est ce qui s'est produit ces trois derniers jours pour moi. Je faisais fausse route et je dois repartir à zéro!
Ce billet est revu et corrigé
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Jeudi, 12 juin 2008
CHRONIQUE
Monumenta
En ce moment Paris, sur le plan des expositions muséales accomplit de hauts faits : Louise Bourgeois, les dessins et eaux fortes de Goya ou encore, au musée de la ville de Paris, un artiste encore supérieur à Keith Harring.
Mais actuellement deux expositions dominent tout : Richard Serra au Grand Palais, qui succède à Anselm Kiefer et le dépasse d'une certaine manière, et au Musée de la Ville de Paris une retrospective Peter Doig, considéré à juste tritre par l'ensemble de la critique (mais non du public) comme l'équivalent contemporain de Van Gogh. Les deux rendent indispensables un détour par Paris. Quand à ceux qui négligent ces événements, ils sont sigulièrement indifférents à l'Art de notre siècle.Ces deux expositions monumentales, allez y de ce pas.
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Mardi, 10 juin 2008
CHRONIQUE
Eloge de l'amnésie
Tutto il mare non vien per nuocere disait ma mère, que Dieu ait son âme, (tout le mal ne vient pas pour nuire) e j'expérimente à l'instant cette vérité. En effet à la suite de mon dernier déboire, alors que je reprends physiquement des forces, j'ai rétrogradé mentalement. Je suis redevenu amnésique. J'oublie ce que je ne note pas, et je me promène dans mon appartement comme un aveugle sans canne et sans mémoire. Sont affectées les dates, certains noms d'êtres familiers comme Alexandre Del Valle et tout ce qui est antérieur à deux ou trois minutes disparaît dans le brouillard. N'y aurait-il pas de quoi désespérer? Et pourtant, je me suis aperçu que les effets négatifs de cette catastrophe ont leur contrepartie positive tout aussi importante. A nous de choisir !
Avant que je ne m'explique sur ce point et avant d'oublier, je vous engage à relire soigneusement "La Ronde des illusions". Le billet a été complété, soigneusement pesé et seul fait foi. de mon état d'âme du moment. Je me replonge dans mon sommeil cataleptique et je vous retrouverai demain, c'est à dire tout à l'heure.
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Lundi, 9 juin 2008
CHRONIQUE
La ronde des illusions
J'ai été tellement révulsé par mes déboires récents avec une grande compagnie, (Cf.Le billet Faut-il-le-dire?) que j'ai eu tendance à me focaliser sur la manière de mettre au grand jour ses agissements révoltants. Mais en prenant de la distance, je me suis souvenu qu'aucune des grandes compagnies que j'ai servi n'a été exempte d'indélicatesses, de petites malhonnêtetés, de mauvaise foi, et de mépris pour ceux qui ne sont pas sortis de leur sérail, et qui tout professeur qu'il est n'est considéré que comme un fournisseur. Un de ces malhonnêtes, -le plus avare et le plus moralisateur de tous (devinez qui?), après des décennies de bonne et loyale collaboration, me dit pour justifier sa traitrise, "je suis ce que je suis, les affaires sont les affaires, les temps sont durs, vous me oôutez trop cher, il faut serrer les vis. Si vous me faites un procès, vous le gagnerez ... dans dix ans, mais vous vous serez ruiné entre temps en frais d'avocats. "
En revanche ce qui est sain et profitable à tous est d'évoquer la ronde des illusions, le karma qui fait que je suis, comme bien d'entre vous qui n'osent ou n'ont pas les moyens de s'exprimer, destiné à être constamment grugé par des gens qui me doivent d'éminent services, des compagnies que je respecte (car il ne s'agit pas de particuliers ni de PME, qui ont toujours été irreprochables) et que je connais depuis des années.
On peut en tirer les enseignements suivants :
1. Les hommes changent: non seulement les dirigeants, mais aussi le même dirigeant a pu se remarier, avoir une nouvelles maîtresse qui change ses options et son regard (cf. Léon Festinger, votre ami est soumis à un dilemme entre avoir la paix avec un entourage changé, ou vous être fidèle) . Cas d'Alain G. passé d'une maîtresse idéaliste de gauche à une BCBG de droite, quand la gauche eüt perdu.
2. Une grande naïveté qui fait que par paresse vous ne prêtez par attention aux précautions assommantes qu'il faut prendre pour se couvrir contre des changements de cap, au lieu de consacrer ce temps à votre égo, votre créativité, ou tout simplement à votre job. Comme moi il vous semble plus commode de vous fier à votre interlocuteur et vous jouez l'honnêteté. Mais cela ne marche qu'un temps et dans certaines circonstances. Autrement, vous justifiez les voix qui retentissent dans l'île déserte d'Aldous Huxley : attention ! attention !, attention...
3. Une grande deshumanité gagne les grandes entreprises, où domine la soif du profit (toujours plus ! Voyez ce patron moralisateur qui ose me dire "le temps sont durs" à une période où il regorge d'argent au détriment des petits fournisseurs et du confort de ses employés) .
4 Il suffit qu'une haute et noble personnalité charismatique, meure ou quitte la compagnie, pour qu'autour de lui le formalisme et la deshumanisation s'installent aussitôt. André Bénard, ex-membre du Praesidium de la Shell, Georges Lillaz, vénéré de tous, ont été mes protecteurs. Ils avaient coutume de porter les lunettes relevées sur le front. Autour d'eux tous les courtisans en faisaient de même. .
Lorsqu'ils quittèrent la compagnie, les lunettes reprirent leur place normale!
5. Les effets de mode et la pression des mauvaises langues et des ennemis cachés jouent un rôle décisif. Derrière le glacis hypocrite des bonnes manières, tout un jeu caché de clans, de forces, d'ambitions inavouées, agit à votre insu. Et vous êtes trop paresseux pour l'étudier où c'et simplement hors de vos compétences.
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Commentaires
mar 19/08/2008 à 17:45
Quelqu'un aurait-il des nouvel les de l'état de santé du Prof esseur? Je commence à m'inquié ter un peu devant la dur [...]
jeu 31/07/2008 à 15:49
Merci de partager avec de simp les mélomanes cette limpide et profonde analyse. Plus encore que l'écoute, elle nous [...]
mar 22/07/2008 à 23:16
Come sta Professore? è da un p o' che non ci sentiamo per le traduzioni in italiano del suo blog. un caro saluto, r [...]
lun 21/07/2008 à 18:38
Les amis, les rencontres, les voyages sont encore bien plus importants que les oeuvres. C ependant j'ai souvent tr [...]
dim 20/07/2008 à 18:43
Je lis le chapitre "Theatrum M entis" de Virus, je m'accroche mais je suis à chaque fin de chapitre de ce livre réc [...]
dim 20/07/2008 à 04:39
Je viens de lire d'une traite un livre que je ne peux que co nseiller aux lecteurs du blog. C'est 2040, La chute de [...]
ven 18/07/2008 à 21:03
"L'homme ne saurait tomber tou t à fait tant qu'il est tenu p ar le travail, cette forte et solide attache au bien". [...]